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Près de quarante personnes rassemblées en soutien à Tariq Ramadan

Quelque 60 personnes ont manifesté mardi à Genève leur soutien à Tariq Ramadan face au consulat de France.

Une manifestante lit à haute voix la lettre adressée au consul de France à Genève. Ce courrier fait part de «la profonde inquiétude et indignation» de «citoyens soucieux dans le monde entier» quant au traitement de cette affaire.
Une manifestante lit à haute voix la lettre adressée au consul de France à Genève. Ce courrier fait part de «la profonde inquiétude et indignation» de «citoyens soucieux dans le monde entier» quant au traitement de cette affaire.
LAURENT GUIRAUD

Alors que Tariq Ramadan s’apprête à être confronté à une ou des plaignantes l’accusant de viol en France, une action a été menée mardi pour crier à l’injustice. Le groupe «Defenders of due process for Tariq Ramadan» avait annoncé des rassemblements dans des villes au Royaume-Uni, au Canada ou encore en Suisse. À Genève, ville natale de l’islamologue, où vit une partie de sa famille, l’appel a rassemblé dans le parc des Bastions une quarantaine de personnes. Une lettre a été remise au consul de France pour dénoncer «une affaire devenue politisée».

Parmi les soutiens genevois présents se trouvent l’un des fils de Tariq Ramadan et beaucoup de femmes, dont une journaliste, une enseignante, une avocate stagiaire. Celle-ci, souhaitant garder l’anonymat, estime que «les droits de la défense ne sont pas respectés». Une autre femme, voilée, explique la démarche: «Nous ne sommes pas là pour nous prononcer sur le fond de l’affaire. Nous respectons autant les plaignantes que le présumé innocent. Nous voulons parler de la détérioration de son état de santé. Nous réclamons que cette affaire soit traitée équitablement par la justice française.»

«La version des plaignantes françaises a changé. Nous voulons que l’enquête soit menée à charge et à décharge»

Mis doublement en examen le 2 février, Tariq Ramadan est depuis lors maintenu en détention provisoire en raison du risque de fuite, de récidive et de pression sur les témoins. La Cour d’appel de Paris a rejeté en mai sa deuxième demande de remise en liberté. Des arguments peu satisfaisants pour les proches de Tariq Ramadan, à l’image de Lucia Dahlab, membre des Verts. «La procédure française a évolué. Au départ, on ne connaissait pas les plaignantes françaises. Mais leur version a changé. Nous voulons que l’enquête soit menée à charge et à décharge. Nous espérons qu’il pourra être libéré après les confrontations.»

Cinq adultères

Confronté à de multiples accusations, Tariq Ramadan a reconnu en juin, devant les juges, avoir eu des relations sexuelles extraconjugales avec cinq femmes, dont l’une des plaignantes françaises. Un comportement bien loin des préceptes religieux qu’il a enseignés. De quoi décourager une partie de ses plus fervents soutiens. «C’est sa vie privée. Je m’abstiens de tout jugement par rapport à ceux qui le condamnent pour cela, mais je peux comprendre que cela les heurte», poursuit Lucia Dahlab.

Parti de France, le scandale Ramadan touche aussi Genève. En plus d’une plainte pour viol déposée en avril par une Suissesse, plusieurs anciennes élèves du professeur en poste entre 1984 et 2004 ont dénoncé dans les médias ses agissements. Sur ce volet, Lucia Dahlab, par ailleurs enseignante, salue l’ouverture d’une enquête visant à faire la lumière sur ces faits. «C’est une bonne chose. J’espère que ce ne sera pas une enquête alibi.»

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