Marche pour les cinq ans de l'incendie des Tattes

Genève En 2014, un requérant d'asile perdait la vie dans l'incendie du centre à Vernier. Une cérémonie et une manifestation ont eu lieu samedi à l'occasion de l'anniversaire du drame.

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Le centre de requérants d'asile des Tattes, à Vernier (GE), était la proie aux flammes il y a cinq ans. La commémoration de l'événement a été l'occasion de demander justice pour les victimes et des conditions de vie dignes pour les migrants.

Un requérant d'asile érythréen de 29 ans est mort par intoxication lors de l'incendie, qui a eu lieu dans la nuit du 16 au 17 novembre 2014. Et quarante personnes ont été blessées, dont onze grièvement, en tentant de fuir les flammes. L'expertise judiciaire a mis en cause l'Etat de Genève en raison des défaillances du système anti-incendie. L'Etat a contesté ses conclusions.

Pour marquer ce triste anniversaire, les défenseurs des migrants ont manifesté samedi après-midi. Selon la police, quelque 250 personnes ont défilé des Pâquis à Plainpalais. L'association Solidarité Tattes, qui a vu le jour après le drame, dénonce un déni de justice envers des personnes considérées comme sans droits. Le Ministère public n'a pas répondu à ses sollicitations depuis deux ans.

Victimes non reconnues

Solidarité Tattes exige que les sinistrés soient reconnus comme des victimes, qu'ils obtiennent une autorisation de séjour et soient indemnisés. Sur les 40 personnes prises en charge par les secours lors de l'incendie, seules 15 ont été identifiées. Parmi celles-ci, cinq ont obtenu un permis, deux ont été renvoyées dans leur pays et huit ont disparu dans la nature, d'après l'association.

Symbole de cet incendie, le jeune Tchadien Ayop est sous le coup d?une décision de renvoi depuis 2015. Il s'était blessé à la tête en sautant du troisième étage du foyer pour échapper à l'incendie. Solidarité Tattes déplore qu'il ne soit pas considéré comme une victime par l'Etat, qui se défausse de sa responsabilité.

D'autres collectifs de défense des migrants, comme Sans Retour et Luttes des MNA (mineurs non accompagnés), ont dénoncé une politique migratoire volontairement dissuasive qui met les personnes en danger. Des mineurs sont logés au foyer des Tattes, bien qu'il soit destiné aux adultes. Cinq ans après le sinistre, les conditions de vie y restent déplorables, d'après Luttes des MNA.

Plaque commémorative

Dans la matinée, un recueillement a eu lieu aux Tattes. Une plaque commémorative a été fixée sur le bâtiment.

Par ailleurs, le centre de luttes autonomes Le Silure a publié «Les Tattes, incendie et autres cauchemars», qui donne la parole à cinq habitants du foyer. Les récits mettent en évidence des formes de violence d'Etat envers les personnes en exil: ségrégation, logements insalubres et conditions de vie quasi-carcérales, aide sociale et prise en charge médicale au rabais, atteinte à leur santé psychique. (ats/nxp)

Créé: 16.11.2019, 18h59

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