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Montrez-moi vos vœux sur Facebook et je vous dirai qui vous êtes

Plusieurs élus genevois ont souhaité une bonne année sur Facebook. Un moyen de toucher la population. Décryptage.

Genève, le samedi 31 décembre 2016. Fête du réveillon sur le quai du Mont-Blanc.
Genève, le samedi 31 décembre 2016. Fête du réveillon sur le quai du Mont-Blanc.
Laurent Guiraud

Les réseaux sociaux sont devenus une plateforme incontournable pour souhaiter ses vœux. Et les élus n’y échappent pas. De la phrase laconique à la vidéo endiablée, «chacun peut se positionner», que ce soit sur les événements de l’année écoulée ou à venir, explique Olivier Kennedy, expert en communication de l’agence Enigma. Un petit exercice d’analyse permet de montrer «les spécificités suisses de la communication politique et les écarts selon les sensibilités». Ainsi, une photo d’un élu verre à la main est naturelle en Suisse alors qu’elle ferait scandale aux Etats-Unis ou en France (lire ci-contre).

D’autre part, Olivier Kennedy rappelle que les élus suisses ne sont pour la plupart «pas des professionnels de la politique». Ainsi parmi les trois exemples sélectionnés pour l’analyse, «seul Serge Dal Busco est entouré par une véritable équipe de communicants». Pour l’expert, ceci permet aux élus d’être plus «naturels», moins calculateurs.

Pour appréhender l’image d’un élu sur Internet, il est primordial d’observer son assiduité à publier. La présence sur ces nouveaux médias varie d’un élu à l’autre. Si le conseiller d’Etat Luc Barthassat «est connu pour être très réactif» et en avoir une «certaine maîtrise», d’autres n’ont rien publié sur leur page personnelle depuis des mois. Une erreur stratégique selon l’expert. «Moins on communique, plus on divise l’audience, or il ne faut pas laisser les gens dans l’ignorance.» Pour lui, «il est préférable d’être à l’origine de l’information» et il est «essentiel de réagir», notamment lorsqu’un élu est impliqué dans un scandale. «En se manifestant, on coupe court aux rumeurs», poursuit Olivier Kennedy.

Malgré les différences de contenu, le message principal reste le même: «Les élus souhaitent du bonheur à leurs amis pour la nouvelle année.»

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Nicolas Walder

Conseiller administratif, Ville de Carouge, et président des Verts genevois

Ses vœux: «Santé! Et belle et heureuse année 2017 à toutes et à tous!» (message accompagné d’une photo de l’élu, verre à la main)

Bien que succinct, le message de Nicolas Walder reste personnel, d’autant plus qu’il est accompagné d’une photo de son auteur, relève notre expert. Olivier Kennedy explique qu’un message écrit aura toujours «plus d’impact» qu’une photo sans rapport avec l’individu ou un texte recopié. Les presque 300 réactions à sa publication le confirment. Le président des Verts genevois y a ajouté une photo de lui, un verre à la main à destination de ses amis Facebook. Si ailleurs – notamment en France et aux Etats-Unis – de telles photos sont rares en raison du politiquement correct, Olivier Kennedy rappelle qu’en «Suisse, heureusement, on peut poser sans soucis avec un verre». Ainsi, différents politiciens suisses actifs sur les réseaux sociaux publient régulièrement des photos d’eux lors de moments festifs. Pour notre expert, cela permet de valoriser le terroir en montrant sa qualité et plus largement à faire la promotion d’une véritable culture du vin.

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Eric Bertinat

UDC, Conseiller municipal, Ville de Genève, et secrétaire général de la section cantonale du parti

Ses vœux: «Bon an, mal an, Dieu soit céans! Que l’année 2017 soit bonne – et elle ne manquera pas de nous apporter des joies – ou qu’elle soit mauvaise - (…), quels que soient les bonheurs et les malheurs, portons sur eux un regard de foi. Voyons-les venir sans excitation ni appréhension. Dans le bonheur, n’oublions pas de rendre grâces à Dieu. (…) Comme le disaient les anciens: le soleil ne cesse pas de briller derrière les nuages. Il suffit de prendre un peu d’altitude pour s’en rendre compte (abbé Alain Lorans)»

Le conseiller municipal UDC Eric Bertinat affiche ses valeurs chrétiennes lors de ses vœux. Pour Olivier Kennedy, rien de choquant, «chacun a le droit d’avoir ses croyances». Il est dans la ligne d’un parti réputé pour ses valeurs conservatrices et son attachement aux racines chrétiennes du pays. Pourtant, Olivier Kennedy trouve «intéressant» d’observer comment certains élus «mélangent religion et politique dans un canton laïque». Autre aspect pertinent, la référence aux anciens et à leur bon sens, qui ramène une nouvelle fois aux valeurs conservatrices si chères au parti.

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Serge Dal Busco

PDC, conseiller d’Etat chargé du Département des finances

Ses vœux: «L’année s’est achevée par cette belle commémoration de la Restauration, ce matin sur la Treille. Laissons 2016 s’en aller, sans regret, et espérons que 2017 soit plus positive et constructive. Et moins marquée par les drames. C’est le vœu que je formule pour nous tous. Bonne année!»

Pour Olivier Kennedy, le conseiller d’Etat PDC Serge Dal Busco est fidèle à son image: «Responsable, grave, sérieux.» Si ces vœux peuvent paraître sombres, l’année écoulée a été marquée par les guerres et les attentats. De plus, l’expert relève que de nombreux artistes qui ont marqué la génération du magistrat ont disparu. «Imaginez une personne ayant passé un an dans le coma. Si elle se réveillait aujourd’hui, elle découvrirait effarée que toutes ses idoles y sont passées!»

Ces déclarations sont écrites sur le moment, de manière assez spontanée, et ne sont donc pas à prendre comme le seul résultat d’une stratégie politique de communication. Ainsi, pour notre expert, il est tout à fait normal que le ministre des Finances «regarde vers le passé. Cela n’empêche pas de regarder vers l’avenir, ce qu’il fait.»

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