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À Palexpo, la brique Lego crée de l’art

La Halle 7 présente une centaine d’œuvres de l’Américain Nathan Sawaya.

Nathan Sawaya, le créateur des sulptures en Lego, avec «Yellow», l’une de ses oeuvres les plus connues.
Nathan Sawaya, le créateur des sulptures en Lego, avec «Yellow», l’une de ses oeuvres les plus connues.
KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

On ne les a pas comptées précisément, mais il y en a plus ou moins un million. Un million de briques Lego assemblées de manière insolite et créative par Nathan Sawaya. Fasciné par les petits cubes colorés, cet artiste américain de 45 ans en a exploré toutes les possibilités, bien au-delà des limites imposées par les modes d’emploi glissés dans les boîtes de jeu. Son truc à lui, c’est de tordre les codes du pop art en réalisant des sculptures de grande envergure, ou des reproductions de tableaux célèbres, à partir de simple Lego disponibles dans le commerce. «Les rêves se construisent… une brique après l’autre», aime-t-il à dire. Improbable? Pas tant que ça. Poétiques et ludiques, ses œuvres ont fait le tour du monde. Les voici à Genève, dans une exposition itinérante justement intitulée «The art of the brick». Une centaine de créations à découvrir jusqu’au 6 janvier, sur plus de 3000 m2, dans la Halle 7 de Palexpo. Ébouriffant!

Squelette de tyrannosaure

«Crée ce que tu vois. Crée ce que tu ressens», martèle volontiers Nathan Sawaya. Plutôt que de reproduire des modèles existants, l’artiste au poignet tatoué d’un logo Lego s’est lancé dans de l’inédit et de l’époustouflant. À l’image de ce squelette de tyrannosaure long de 6 mètres et composé de plus de 80 000 pièces, présenté à la sortie de l’exposition. Un dino qui lui a pris un été entier de labeur. «Je suis devenu pratiquement fou à force d’essayer de le faire fonctionner», confie-t-il. Car l’homme est un perfectionniste. Il n’est que de voir ses géniales reconstitutions d’œuvres d’art mondialement connues. Voici «Le penseur» de Rodin, «La Joconde» de Léonard de Vinci ou le «David» de Michel-Ange.

Mais aussi une ribambelle de tableaux fameux: «Le cri» de Munch, «La nuit étoilée» de Van Gogh, «La grande vague de Kanagawa» d’Hokusai. Claude Monet, Rembrandt, Paul Klee ou Modigliani figurent aussi, parmi d’autres, dans ces détournements, tous resitués dans l’histoire de l’art par l’intermédiaire de petits cartels accrochés sur les murs de la Halle 7. Dans un autre registre, Nathan Sawaya a également portraituré, façon Lego, des figures aussi fameuses qu’Andy Warhol, Jimi Hendrix, Janis Joplin… ou Mickey. Irrésistible!

«J’ai commencé à jouer avec des briques Lego quand j’avais 5 ans», raconte l’artiste, de passage mercredi à Genève pour l’avant-première de son exposition. «En grandissant, mes intérêts se sont diversifiés.» Jeune adulte, il entame une carrière d’avocat. Adieu les Lego? Pas tout à fait. «En rentrant chez moi après de longues journées de travail, j’avais besoin d’autre chose. Envie de créer.» Sawaya se met à la sculpture, utilisant des matières traditionnelles (terre, bois, fils de fer). mais cela ne le convainc pas. «Finalement, je me suis dit: «Pourquoi ne pas retourner au Lego?» Inspiration de génie. Il commence par réinterpréter des objets du quotidien, qu’il montre sur son site. Engouement des internautes. Du monde entier, des gens lui passent commande. «Un jour, mon site a crashé. Il y avait trop de visites virtuelles. Je me suis dit qu’il était peut-être temps de devenir un artiste à plein temps. Un artiste qui crée avec des jouets.»

Rendre l’art accessible

Pourquoi les briques Lego? «Parce qu’elles rendent l’art accessible», répond Sawaya. «Des familles qui n’auraient pas l’idée de franchir le seuil d’un musée peuvent découvrir ainsi des œuvres importantes.» Désireux de convier le public à une réflexion sur le jeu autant que sur l’art, le sculpteur basé alternativement à New York et Los Angeles aimerait surtout que le spectateur de «The art of the brick» prenne plaisir à vivre ses rêves.» J’espère qu’en rentrant chez eux, les gens vont sortir leur boîte Lego et se mettre à créer.» Chiche?

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«The art of the brick», Palexpo Halle 7, du 4 octobre 2018 au 6 janvier 2019. Ouvert tous les jours de 10 h à 19 h, sauf du 5 nov. au 23 déc. (me au di). www.aotb.ch

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