Une pétition conteste la politique genevoise de mesure de pollution de l’air

SantéDeux associations demandent de revoir les lieux des stations de mesure et de rendre tous les résultats accessibles.

Actuellement, quatre stations de mesure fixes sont en activité sur le territoire du canton.

Actuellement, quatre stations de mesure fixes sont en activité sur le territoire du canton. Image: Source: État de Genève

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Alors qu’elles travaillent sur le dossier depuis trois ans, le reportage de l’émission Temps présent diffusé le 16 janvier concernant la pollution a sans doute été la goutte qui a fait déborder le vase. Les associations Sauvegarde Genève et celle du secteur Sous-Sarasin («A3S», Grand-Saconnex) ont lancé la semaine dernière une pétition intitulée «Agir contre la pollution à Genève», qui a déjà récolté plus de 200 signatures. Dans leur ligne de mire: les méthodes de mesures utilisées dans le canton pour l’air et le bruit, et leur publicité.

Les emplacements sont au cœur de leurs préoccupations. Elles déplorent que seuls quatre points fixes de mesure existent, dont aucun dans la zone de l’aéroport. Selon les associations, la station Necker, à proximité de Cornavin, se trouve «trop loin des zones de pollution» (à 40 mètres de la voie de circulation importante la plus proche). Et leurs présidents s’inquiètent de la fermeture d’une station en 2013, qui présentait des valeurs «au-dessus des limites». Ils demandent d’ailleurs à ce que deux emplacements de mesure «mobiles» dont les valeurs sont «largement supérieures à la moyenne» se pérennisent: Riant Bosquet (Cointrin Est) et le Quai Wilson.

De plus, le canton de Genève n’est pas représenté dans le réseau national d'observation des polluants atmosphériques, composé de seize stations en Suisse, ce qui rend les comparaisons difficiles pour le simple citoyen. «Ce n'est pas le canton qui ne collabore pas avec le Nabel mais la Confédération qui n'a pas manifesté son intérêt à venir à Genève», précise Pauline de Salis, secrétaire générale adjointe au Département du territoire.

«On nous bassine avec des moyennes annuelles, mais il faut mesurer les pics», insiste Patrick Canellini, président d’A3S. Estimant les données contenues dans le rapport annuel sur la qualité de l’air insuffisantes, les signataires demandent que les mesures soient disponibles sur internet «heure par heure, mensuellement, annuellement» sur plusieurs années.

D’un point de vue plus administratif et politique, le texte demande également que le Service de l'air, du bruit et des rayonnements non ionisants (SABRA) ne soit plus rattaché au Département du territoire mais au Département de la santé. Ce en vue d’éviter tout conflit d’intérêts avec des projets de construction, pour garantir une «plus grande objectivité et indépendance». «Cette proposition sous-entend qu'un service est pris en otage par une autre politique publique, ce qui est absurde et faux, répond Pauline de Salis. Les projets de nouveaux de quartiers ne péjorent pas la qualité de l'air puisqu'ils sont planifiés de manière à réduire l'utilisation de la voiture individuelle et que les bâtiments neufs ont des obligations énergétiques plus contraignantes.»

Quoi qu’il en soit, les pétitionnaires veulent que tout projet d’aménagement du territoire comprenne une étude d’impact en termes de pollution.

La pétition laisse aussi la porte ouverte sur une action juridique pour attaquer le non-respect des normes.

Outre le dispositif de circulation différencié qui vient d’être lancé, les autorités disent partager l'ambition d'améliorer la qualité de l'air au niveau du canton, raison pour laquelle un plan de mesures 2018 – 2023 comprend contrôle des chauffages, mesures liées à l'aéroport, et le programme Genilac.

Créé: 03.02.2020, 21h17

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