Passer au contenu principal

Pierre Maudet fait son autoportrait en ministre pragmatique

Adoubé par sa section cantonale, le Genevois liste ses propositions et expose sa vision.

En matière de sécurité, Pierre Maudet insiste sur le champ numérique et préconise une gouvernance internationale réunissant à Genève les secteurs public et privé.
En matière de sécurité, Pierre Maudet insiste sur le champ numérique et préconise une gouvernance internationale réunissant à Genève les secteurs public et privé.
STEEVE IUNCKER-GOMEZ

Dans la salle où Pierre Maudet doit donner sa première conférence de presse comme candidat confirmé à la candidature au Conseil fédéral, on voit beaucoup de visages autochtones, mais aussi quelques têtes nouvelles: une petite poignée de représentants des médias alémaniques. Et ce sont eux que le Genevois salue spécifiquement à son arrivée. Tout juste adoubé par sa section du PLR, celui qui passe pour un outsider dans la course à la succession de Didier Burkhalter sait qu’il doit lancer loin ses filets pour atteindre son but. Soit, dans un premier temps, figurer au moins sur le ticket que le groupe PLR dressera à l’intention des Chambres.

Pierre Maudet commence par se décrire comme un «candidat de propositions». Pas celui de quotas (qui d’alleurs le défavoriseraient puisqu’il n’est ni Tessinois ni femme). Ni de lobbys, dit-il: une attaque implicite envers ses concurrents. Cela ne l’empêche pas, au passage, de décrire comme «légitime» sa candidature issue d’un canton qui n’est pas représenté au Conseil fédéral et de mettre en avant l’importance d’y voir siéger des sensibilités urbaines.

Le Genevois expose ses idées en les décrivant comme caractéristiques de sa pratique ministérielle. Laquelle — comprend-on entre les lignes — le distingue de ses rivaux principaux, dépourvus d’expérience exécutive.

Une méthode, des exemples

La parole est fluide, le verbe assuré, le tempo rapide et le propos se veut ample. Tout en s’ancrant dans sa pratique locale, l’homme expose sa vision de la Suisse et du monde en 2017 — vision qu’il dit «proposer» afin d’adopter une méthode et obtenir des résultats. Le tout est décrit comme un pragmatisme à mi-chemin entre des visées jugées aventureuses (comme l’adhésion à l’Union européenne) ou d’un immobilisme rétrograde (la volonté de revenir au passé).

Trois thèmes imbriqués sont abordés, chacun avec une proposition concrète: les relations extérieures, l’économie et la sécurité.

Un arbitrage avec l’Europe

Pour ce qui est du rapport compliqué à l’Union européenne et du blocage de l’accord institutionnel qui doit définir une voie de règlement des litiges entre les Vingt-sept et la Suisse, Pierre Maudet insiste sur la nature éminemment commerciale de la relation. Il invite donc à s’inspirer des pratiques du secteur privé. Un abandon de souveraineté à la Cour de justice européenne constitue à son sens «une ligne rouge». Le magistrat préconise donc de s’en remettre à une instance arbitrale. Elle serait composée de trois arbitres: la Suisse et l’Union en choisiraient un chacun et se mettraient d’accord sur le troisième.

En matière économique, Pierre Maudet décrit les contrôles qu’il a instaurés en réponse au «besoin de protection» et de concurrence loyale qu’il a ressentis sur le marché du travail local. Il préconise de se montrer plus proactif pour soutenir la transition numérique et développer de nouveaux emplois. Jugeant que les actuels taux d’intérêt négatifs «nous plombent», et constatant que la Banque nationale dispose d’actifs équivalant à la totalité du produit intérieur brut, il propose d’en injecter 0,7%, soit 5 milliards de francs par an, dans les secteurs innovants et la recherche. L’indépendance de la BNS serait respectée puisqu’elle choisirait la destination de ces investissements.

Un slalomeur habile

Enfin, en matière de sécurité, Pierre Maudet insiste sur le champ numérique et préconise une gouvernance internationale réunissant à Genève les secteurs public et privé. Cette proposition est la moins concrète des trois. Le conseiller d’Etat indique qu’elle doit être développée autour d’une action en gestation dont les détails seront livrés à la rentrée.

Sous le feu des questions, l’élu slalome habilement. Il évite toute pique contre les candidatures vaudoises quand il y est invité. Sur le sujet brûlant de la réforme des retraites, il défend le oui, par esprit collégial envers le Conseil d’Etat qui l’a appuyée, tout en critiquant un paquet jugé défavorable aux jeunes. Un point est affirmé sans ambiguïté: relever un jour la retraite à 67 ans lui semble «incontournable».

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.