Une plainte de la mosquée visant son ancien imam est classée par la justice

GenèveLa direction de la grande mosquée genevoise accusait l’imam algérien, qu’elle avait licencié, de diffamation. Infondé, selon la justice.

L'imam Ziane Mehadjri (à gauche) et Ahmed Beyari (à droite), directeur général de la Fondation culturelle islamique de Genève, qui gère la mosquée du Petit-Saconnex.

L'imam Ziane Mehadjri (à gauche) et Ahmed Beyari (à droite), directeur général de la Fondation culturelle islamique de Genève, qui gère la mosquée du Petit-Saconnex. Image: Georges Cabrera/Sébastien Anex

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Le conflit entre le directeur général de la fondation qui gère la mosquée du Petit-Saconnex et son imam licencié il y a un an ne tournera pas à l’affrontement pénal. La plainte déposée en décembre 2016 pour diffamation par le Saoudien Ahmed Beyari contre l’Algérien Ziane Mehadjri a été classée il y a quelques jours par la justice, a appris la Tribune de Genève.

Le Ministère public genevois confirme «le prononcé d’une ordonnance de non-entrée en matière» dans cette procédure, «au motif que l’infraction de diffamation n’est pas réalisée». Le directeur reprochait à l’imam d’avoir contribué, à l'automne passé, à diffuser une pétition réclamant sa démission. A travers ce texte, des fidèles de la mosquée accusaient le directeur d’avoir fermé les yeux sur la radicalisation de certains fidèles, dont deux sont partis en 2015 en zone de guerre irako-syrienne. Ils critiquaient aussi sa mauvaise gestion de l’institution. De nombreux problèmes ont d’ailleurs été découverts par l’Autorité cantonale de surveillance des fondations (notre édition du 15 août 2017).

Le directeur attaquait également l’imam en raison de son interview publiée en novembre 2016 dans notre journal. Le religieux expliquait, notamment, avoir proposé à son supérieur de mener des projets pour lutter contre la radicalisation et le terrorisme. En vain.

Or, pour la justice, rien ne permet d’établir que Ziane Mehadjri est l’auteur de la pétition. Et ses propos tenus dans nos colonnes ne sont pas attentatoires à l’honneur d’Ahmed Beyari.

L’affaire va-t-elle en rester là? «Nous ne recourrons pas contre la décision de classement, indique l’avocat de la fondation, précisant que l’affaire de licenciement est pendante aux Prud’hommes.» Pour l’heure, la conciliation n’ayant pas abouti, les juges trancheront ce litige.

«Mon client n’envisage pas de surenchérir et rétorquer à son tour par le dépôt d’une plainte pénale, ni contre l’institution ni contre le directeur, car c’est un homme de paix qui n’a pas l’esprit vengeur», réagit de son côté Me Fateh Boudiaf. L’imam a depuis rebondi. «Il prêche occasionnellement, de façon bénévole, au consulat d’Arabie saoudite à Genève. Dans le cadre de l’Organisation européenne des centres islamiques, qu’il préside, il va organiser, avec la grande mosquée de Lyon, un atelier sur la lutte contre le terrorisme via Internet, et il prépare, avec la grande mosquée de Paris, un colloque sur les jeunes musulmans de France face au terrorisme.» (24 heures)

Créé: 11.10.2017, 21h07

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