Des policiers nient avoir frappé un toxicomane

GenèveLe Tribunal de police genevois a entendu quatre policiers, mardi, qui auraient abusé de leur autorité.

A deux reprises, le Ministère public a voulu classer l'affaire.

A deux reprises, le Ministère public a voulu classer l'affaire. Image: Photo d'illustration/Keystone

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Quatre policiers comparaissaient mardi matin devant le Tribunal de police de Genève. Les agents étaient jugés pour des violences présumées survenues lors de l'arrestation d'un toxicomane en 2014. Ce dernier affirme avoir été frappé. Les policiers disent qu'il ment.

Le Tribunal de police rendra son jugement ultérieurement. La procédure dure depuis cinq ans. A deux reprises, le Ministère public a voulu classer l'affaire. Le plaignant a cependant recouru et obtenu gain de cause devant la Cour de justice qui a ordonné la poursuite de l'instruction.

Un «cas typique»

Le procureur général du canton de Genève Olivier Jornot n'était pas présent pour soutenir l'accusation, mardi, se rapportant à la justice s'agissant de la culpabilité des quatre représentants de la task force drogue. Selon Daniel Kinzer, l'avocat d'un des policiers, cette affaire est «un cas typique de parole contre paroles».

D'un côté, un plaignant qui indique avoir été étranglé, frappé et aspergé de spray, et de l'autre, les prévenus qui déclarent n'avoir rien à se reprocher, soutenus dans leurs déclarations par plusieurs autres collègues, et qui réclament leur acquittement. Pour Daniel Kinzer, il ne fait aucun doute qu'il faudra retenir la version des policiers.

Déclarations évolutives

Selon l'avocat, le plaignant est malin et opportuniste. Il a varié dans ces déclarations en fonction des éléments qui ont été déterrés au fil de l'enquête, notamment les images vidéo prises dans les locaux du poste de police. Aujourd'hui, s'il se rétracte, il risque d'être poursuivi pour dénonciation calomnieuse, a noté Daniel Kinzer.

Pour Michael Lavergnat, avocat d'un autre policier, les faits reprochés sont graves. «On parle de tortures, d'un passage à tabac de plusieurs heures, avec du sang sur les murs». Or, les images vidéo en témoignent. Tout le monde au poste de police a l'air très calme. Pour l'avocat, «cette plainte est presque hollywoodienne».

Selon les accusés, lors de son arrestation, le plaignant a voulu détrousser un des policiers poursuivis aujourd'hui pour abus d'autorité. Il avait pris l'inspecteur pour un consommateur de drogue, car il était en habits civils. Il l'a agressé et s'est fait interpeller, puis conduire au poste où il a subi un interrogatoire. (ats/nxp)

Créé: 05.02.2019, 15h58

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