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Un projet pour la Genève internationale suscite la polémique

Le DFAE veut convaincre le gouvernement de créer une plateforme dédiée aux défis technologiques.

Le Palais des Nations à Genève.
Le Palais des Nations à Genève.
LUCIEN FORTUNATI

Le projet volait sous le radar jusqu’à jeudi matin et son dévoilement par la RTS Radio. Le Conseil fédéral examine un projet pour créer à Genève un forum des technologies de l’avenir. Son nom: Geneva Science and Diplomacy Anticipator, ou plus simplement Geneva+. Seulement voilà, selon la RTS, le gouvernement ne serait pas encore convaincu par le mode de financement, basé sur des partenariats public-privé. Pire, les deux personnalités en charge du projet, l’ancien patron de l’EPFL Patrick Aebischer et l’ex-président du PLR Fulvio Pelli, seraient des erreurs de casting.

Sur le plan personnel, c’est le conseiller national socialiste genevois Carlo Sommaruga qui a mené la charge sur les ondes: «Fulvio Pelli n’est pas l’homme de la Genève internationale et Patrick Aebischer n’a pas les meilleures relations avec le monde académique genevois. On a parfois l’impression qu’on cherche à créer un instrument pour occuper la retraite de Patrick Aebischer.»

«On voulait que le groupe de travail soit dirigé par quelqu’un d’objectif, qui n’ait pas d’intérêts ou de préférences, en d’autres termes pas un Genevois»

Contacté par notre journal, ce dernier dément l’idée d’un placard doré. «On me tord le bras pour le faire, et je n’occuperai ce rôle que de manière transitoire.» Fulvio Pelli a la réplique plus cinglante: «Si on dit que je ne suis pas l’homme de la Genève internationale, c’est justement qu’on voulait que le groupe de travail soit dirigé par quelqu’un d’objectif, qui n’ait pas d’intérêts ou de préférences, en d’autres termes pas un Genevois.»

Et sur le fond, à quoi servirait Geneva+? Fulvio Pelli, qui a présidé durant trois ans aux réflexions du groupe de travail, se veut prudent tant que le gouvernement n’a pas tranché. «Il s’agit de développer un instrument qui pourrait servir la diplomatie suisse ou internationale, et non de contenus prédéfinis», explique-t-il. En clair, le processus se divise en trois étapes. D’abord, créer un forum pour que les diplomates, scientifiques, entreprises et ONG puissent identifier les défis que posent des technologies comme la recherche sur l’intelligence artificielle ou les cellules souches. Ensuite, élaborer des projets concrets sous la supervision du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Et enfin, les financer par des partenariats public-privé.

Kyrielle d’initiatives

Selon nos informations, moins que ce mode de financement ou que la personnalité de Patrick Aebischer et de Fulvio Pelli, le Conseil fédéral s’est penché sur ce projet au financement public relativement modeste (2 millions de francs pour une première phase test jusqu’en 2020) parce qu’il venait s’ajouter à une kyrielle d’autres initiatives apparues ces derniers mois. Nations Unies, autorités genevoises, secteur privé, de nombreux acteurs évoquent des pistes pour positionner la Genève internationale sur les questions scientifiques et technologiques. «Il est rare que le Conseil fédéral se penche sur un financement à hauteur de 2 millions de francs. Mais certains membres du collège se sont demandé à quoi servirait un énième projet payé par Berne», confie un observateur.

Pourtant, en se concentrant sur une méthode plutôt qu’un projet précis, Geneva+ détient peut-être un atout maître: permettre à toutes les autres initiatives d’être canalisées. La piste est d’autant plus intéressante que les créneaux traditionnels qui font de Genève un centre de la diplomatie – l’Organisation mondiale du commerce ou le Conseil des droits de l’homme – subissent les coups de boutoir de l’administration Trump.

Geneva+ jouera son avenir après la pause estivale. «Le Conseil fédéral a demandé des compléments d’information qui lui seront fournis cet automne», indique le DFAE.

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