Une start-up romande décolle grâce à la messagerie Gmail

InnovationLe groupe Gmelius séduit les investisseurs et recrute comme jamais en développant des outils de gestion.

Gmelius SA prévoit de recenser en tout cas 25 collaborateurs d’ici le mois de décembre.

Gmelius SA prévoit de recenser en tout cas 25 collaborateurs d’ici le mois de décembre. Image: STEEVE IUNCKER-GOMEZ

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’est la jeune pousse qui fait parler d’elle dans les milieux économiques romands. Celle qui commence à se sentir à l’étroit dans l’incubateur genevois dédié aux entreprises technologiques et innovantes à Plan-les-Ouates. La start-up qui a bénéficié au début d’avril d’une levée de fonds à sept chiffres (le montant exact n’est pas communiqué). Gmelius SA, qui employait une demi-douzaine de geeks il y a quelques mois, compte aujourd’hui treize collaborateurs et prévoit d’en recenser en tout cas 25 en décembre.

Difficile de décrire l’animal. Son fondateur, Florian Bersier, évoque «un CRM (ndlr: customer relationship management) collaboratif intégré à Gmail, qui permet de gérer l’ensemble des étapes d’une relation client avec son équipe depuis l’outil le plus utilisé en entreprise: sa boîte Gmail».

Centraliser les données

Un service qui unit sur un seul onglet les canaux de communication et de gestion, toujours plus nombreux, de Slack à Salesforce. «Notre solution permet de centraliser les données de nos clients et d’éviter la dispersion de leur communication interne, rendant la collaboration au sein de l’entreprise plus transparente et facile», ajoute l’entrepreneur.

Florian Bersier admet avoir de la peine à présenter en termes simples son bébé. Parmi les profils qu’il recrute, il cherche d’ailleurs un vendeur.

Ce dernier parlera certainement d’une «réinvention de notre e-mail», d’un «courriel 4.0» par le biais duquel «votre boîte mail devient votre espace de travail», d’une extension clé de la communication sur internet. Le logiciel de Gmelius se superpose sur les comptes Gmail des clients et les stimule avec une série de fonctionnalités, du suivi automatique de conversations grâce à un assistant virtuel à la transformation d’e-mails en tâches collaboratives, en passant par des chablons de textes élaborés.

Plusieurs grands clients

Gmelius a jusqu’à présent surtout été prisé des multinationales (parmi elles, on peut citer Uber ou Spotify) et des grosses agences, dans l’immobilier, le marketing et la finance. Des grands clients, mais en nombre limité.

Les PME de toutes sortes s’intéressent désormais à Gmelius. «Le marché est en plein boom, surtout aux États-Unis, où se trouvent les trois quarts de nos 148'000 utilisateurs actifs», indique Florian Bersier, qui glisse que l’entreprise doit ouvrir avant la fin de l’année un bureau outre-Atlantique.

Bricolé dans sa chambre

Ce service informatique, le Genevois l’a d’abord bricolé dans sa chambre d’étudiant, en 2015, en marge de son doctorat à Oxford. Pour mieux communiquer sur sa thèse et faciliter la gestion de ses recherches avec d’autres universitaires du globe. L’outil parfait n’existait pas quand bien même les instruments pour le créer avaient été conçus. Il s’est attelé donc à le façonner, au gré des lignes de code.

C’est à son retour dans le canton de Genève que Florian Bersier a transformé l’essai: il a fondé Gmelius SA, en 2016, avec l’aide de la Fongit, chez qui il est allé toquer. Pour le démarrage, le jeune entrepreneur a puisé dans ses propres économies. Le modèle de Gmelius est «freemium»: si l’offre de base est gratuite, d’autres plus-values sont payantes.

«Des talents à Genève»

L’entreprise a noué rapidement avec les chiffres noirs, ce qui a permis à son fondateur de recruter ses premiers collègues. Un «cercle vertueux», selon lui, car l’offre s’est affinée au gré des nouveaux employés. Quant à la concurrence, elle serait fragmentée. Florian Bersier a choisi de monter sa société à Genève car c’est la ville de son enfance. «Il y a des talents ici, entre l’EPFL, l’UNIGE et les ingénieurs de France. En Suisse, on bénéficie de lois attractives en termes de protection de données», relève-t-il.

Plusieurs investisseurs ont misé sur cette pépite le 4 avril, dont ACE Investment Partners, Fongit Seed Invest et le groupe helvétique Swiss ICT Investor Club. Environ 1,5 milliard de personnes sont inscrites sur Gmail et un nombre grandissant d’entreprises utilisent cette plateforme de Google, le terrain de jeu de Gmelius. (24 heures)

Créé: 23.04.2019, 16h41

Articles en relation

Bestmile, le cerveau collectif des voitures du futur

Voiture La start-up lausannoise Bestmile propose une plateforme pour gérer la circulation des voitures autonomes. Portrait. Plus...

L’avocat, cette profession qui murmure à l’oreille des start-up

Conseil Les cabinets spécialisés étoffent leurs prestations pour permettre aux jeunes pousses de franchir les phases critiques. Plus...

Plonger dans l'eau glacée pour vendre sa start-up

Innovation Editorial A Oulu, la ville berceau de Nokia, les jeunes start-up participent à une compétition inédite pour se présenter aux investisseurs. Plus...

Sterilux veut révolutionner la stérilisation médicale

Santé La start-up a développé une machine à stériliser peu gourmande en énergie et en eau. Idéale en conditions extrêmes. Plus...

La start-up Eeproperty bouscule les habitudes dans les buanderies

Domotique Plus de 500 immeubles utilisent le système de gestion des paiements de la société de Pully, qui fonce outre-Sarine. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.