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«Des taxis voleront sur le Léman prochainement»

Le navigateur Alain Thébault, inventeur des SeaBubbles, a choisi Genève pour tester un service de navettes. Interview.

Des taxis volants sur l’eau devraient être testés à Genève. Le concepteur des «SeaBubbles», Alain Thébault, a annoncé samedi au Figarovouloir déployer son concept de mobilité au bout du lac, n’ayant pas obtenu les conditions d’accueil espérées à Paris. La société SeaBubbles Switzerland est en cours de création, confirme l’inventeur du concept. Et les discussions se poursuivent avec les autorités cantonales pour accueillir une première ligne pilote qui reliera deux communes genevoises.

– Pourquoi avez-vous choisi Genève pour déployer votre première ligne pilote?

– La Suisse dispose d’un écosystème extrêmement favorable aux nouvelles technologies: le savoir-faire, l’ouverture d’esprit et les moyens financiers. Ce n’est pas pour rien que Solar Impulse est né ici. Notre aventure est intimement liée à votre pays. Le chantier naval qui construit les Bubbles, Décision SA, est situé sur le lac Léman. Nous collaborons depuis longtemps avec l’EPFL. Et nous discutons avec plusieurs entreprises comme Leclanché, acteur mondial des batteries, ou ABB, qui dispose d’une grande expérience dans la technologie de recharge ultrarapide des batteries développée pour le bus TOSA. Enfin, nous avons été particulièrement touchés par l’accueil des autorités suisses et genevoises. Doris Leuthard a été la première cheffe d’Etat à voyager sur un Bubble.

– Quand va débuter la première liaison?

– Nous souhaiterions une mise en service des taxis volants sur le Petit-Lac au printemps 2018. Cinq navettes et leurs docks (ndlr: embarcadères auxquels les bateaux s’arrimeront et rechargeront leurs batteries) sont en cours de finition sur le chantier Décision. Mais il reste des écueils. Les Bubbles doivent encore être homologués en Suisse, il faut déterminer des emplacements pour les embarcadères et, enfin, comme l’a rappelé à la radio le magistrat chargé des Transports, Luc Barthassat, trouver un opérateur prêt à intégrer les Bubbles dans son réseau.

– Où en sont les discussions?

– Elles avancent. Le magistrat vient nous rencontrer cette semaine sur le chantier naval. Et nous échangeons depuis un moment avec les Mouettes genevoises et la CGN. Il reste à déterminer le meilleur moyen d’insérer notre concept dans le réseau Unireso. Nous disposons de la technologie, les Transports publics genevois du réseau et des données de flux de passagers. Ce sont les services du conseiller d’Etat qui détermineront la meilleure liaison possible pour effectuer le test.

– Combien coûtera un trajet en SeaBubble?

– Il est un peu tôt pour donner un prix de la course. Ce nouveau mode de transport non polluant doit être accessible au plus grand nombre. Pour l’heure, nous essayons de lever 100 millions de francs afin d’implanter le concept dans une vingtaine de villes dans le monde.

– Vous travaillez au bateau-taxi autonome avant même d’avoir testé une première ligne commerciale…

– La mobilité de demain sera autonome. Et un plan d’eau se prête particulièrement bien au développement de cette technologie car il y a énormément d’espace. A terme, l’utilisateur commandera son Bubble via une application mobile et se rendra au dock le plus proche.

– Va-t-on assister à un retour au transport sur l’eau?

– Les humains ont bâti les villes sur des points d’eau. Au départ, toutes les marchandises étaient transportées par voies fluviale, lacustre et maritime. Progressivement, ces dernières ont été abandonnées au profit du bitume et les voitures se sont empilées sur les berges. Toutes les grandes villes connaissent aujourd’hui les mêmes problèmes de congestion du trafic. Les SeaBubbles ne seront jamais un transport de masse, mais ils peuvent soulager les réseaux existants.

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