Un toit contre un service: une formule gagnante

LogementL’Uni propose aux particuliers d’offrir une chambre à des étudiants contre des coups de main. Le nombre d’inscrits a triplé en trois ans.

Hans, veuf de 69 ans, accueille Nikita, qui vient d’Espagne. Il améliore son espagnol et son russe grâce à des conversations avec l’étudiant, «c’est intellectuellement très dynamique».

Hans, veuf de 69 ans, accueille Nikita, qui vient d’Espagne. Il améliore son espagnol et son russe grâce à des conversations avec l’étudiant, «c’est intellectuellement très dynamique». Image: Carla Da Silva

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Il y a Louise, qui héberge le Bâlois Lukas pour offrir un peu de compagnie à son fils de 17 ans, tétraplégique depuis un accident de ski. Il y a aussi Monica, 81 ans, et Malti, une jeune Mexicaine. La première achète les aliments, la deuxième cuisine, et les deux dînent ensemble. Ou encore Jun, qui a passé une année chez Elena pour faire du droit international. De retour à Canton, il l’a invitée à son mariage, et elle y est allée. Eux, ce sont les tandems du programme «1 h/1 m2 - Un étudiant sous mon toit». Ce projet de l’Université de Genève (UNIGE) a été lancé en 2016 et ne cesse de prendre de l’ampleur: en trois ans, le nombre d’hôtes et d’étudiants accueillis a triplé, les tandems passant de vingt à 66.

Le programme s’inspire d’un modèle allemand: des particuliers mettent à disposition un hébergement et en contrepartie, ils reçoivent trois à six heures hebdomadaires de coups de main de la part de l’étudiant – selon la grandeur de la chambre –, ainsi que 100 francs par mois pour les charges. Nourrir l’animal de compagnie, aider à faire les courses ou à maîtriser un ordinateur, tondre la pelouse, converser en italien… Mais pas de soins à la personne, l’étudiant n’est pas un garde-malade et ne doit pas être mis dans une situation de responsabilité déplacée. Ces coups de main sont précisés dans une convention spécifique à chaque duo.

Le système rassemble deux problèmes pour en tirer des bénéfices: plusieurs centaines d’étudiants se retrouvent sans logement à la rentrée alors que, selon l’Office cantonal de la statistique, près de 14'000 personnes vivent seules dans un 5 pièces ou plus. L’Université a créé un système qui met en relation ces personnes disposant d’espace avec des étudiants cherchant un toit. «Par rapport au logement étudiant, les 66 tandems représentent l’équivalant d’une résidence universitaire, du type de celle de l’avenue du Mail avec ses 61 chambres», relève Sabine Estier Thévenoz, responsable du projet à l’UNIGE.

Services rendus et liens créés

Sur les trois ans, le projet a rassemblé 101 hôtes et 136 étudiants du monde entier. Deux tiers des hôtes actuels sont des anciens qui ont renouvelé l’aventure. Parmi eux, on trouve en majorité des seniors. Certains vivent seuls et ont parfois simplement besoin d’une présence pour son effet rassurant, surtout la nuit. Pour les plus de 85 ans, il s’agit souvent de la principale demande. Ainsi, le programme contribue également à la politique de maintien à domicile des seniors que promeut le Canton, soutient son initiatrice. «Dans 12 des 62 tandems, la présence d’un jeune a permis à des personnes de plus de 80 ans de rester chez elles plus longtemps et a différé la décision d’un passage en institution.»

Si «1 h/1 m2» rassure, il lutte aussi contre l’isolement social et permet de développer une solidarité croisée. «Le senior aide un jeune dans ses études en mettant à disposition une chambre, et l’étudiant lui offre du soutien dans son quotidien. Et souvent, des liens chaleureux se créent.»

Famille monoparentale aussi

Si le projet a été élaboré avec une visée particulière de soutien aux seniors, il permet également d’aider une autre catégorie de personnes: les familles monoparentales, qui représentent 15% des hôtes. «C’était inattendu mais il y a un vrai besoin», rapporte Sabine Estier Thévenoz. Et de citer cet exemple d’une mère qui, lorsqu’elle travaille de nuit, demande à l’étudiante de prendre le repas du soir avec son fils et de s’assurer qu’il parte à l’heure à l’école le matin.

Enfin, «1 h/1 m2» met l’accent sur la sensibilisation et propose un atelier facultatif aux étudiants afin de les sensibiliser aux difficultés de l’âge. «À 20 ans, on a parfois de la peine à se mettre à la place des personnes très âgées, à respecter leur rythme plus lent, à comprendre l’importance de leurs habitudes.» Un deuxième module vient de débuter, centré sur la communication et la prévention des conflits.

Les inscriptions pour la rentrée prochaine sont accessibles sur www.unige.ch/1hparm2. Les places sont chères: chaque année, il y a trois à quatre fois plus d’étudiants que d’hôtes… (24 heures)

Créé: 26.04.2019, 17h24

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