Passer au contenu principal

Les Romands en ordre dispersé face à la hausse

Les cantons romands sont les plus touchés par la hausse des primes annoncée pour 2018. Chacun essaie d'atténuer le choc de son côté.

Le directeur genevois de la santé Mauro Poggia a été un des premiers à réagir. Il faut dire que son canton arrive deuxième dans les classements peu envieux du canton aux primes les plus chères et de celui à la plus forte augmentation.

Selon Mauro Poggia, l'examen des hausses pour l'ensemble des cantons suisses «permet de constater que les petits cantons restent toujours ceux dont les primes sont les plus basses avec les augmentations sur le bas de la fourchette». Or, ces cantons font partie de ceux qui avaient versé des primes trop basses de 1996 à 2013, note M. Poggia.

Le conseiller d'Etat genevois déplore, «cette année encore», un système de fixation des primes «opaque» et la passivité de l'OFSP qui «n'utilise pas tous les moyens à sa disposition pour exiger que les réserves, là où elles sont élevées, soient prioritairement affectées à la prise en charge de l'augmentation des coûts».

«Une année pénible et douloureuse»

Dans le canton de Vaud, le Conseil d'Etat promet d'utiliser «tous les moyens à sa disposition» pour freiner la hausse des dépenses dans le secteur ambulatoire.

«C'est une année extrêmement pénible et douloureuse», a déclaré jeudi devant la presse à Lausanne le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard. Pour le ministre vaudois de la santé et de l'action sociale, «la situation est particulièrement difficile pour notre canton».

La forte hausse, subie par le canton de Vaud, est liée à la nécessité pour certains assureurs d'adapter leurs recettes à leurs dépenses. Elle est aussi due à une augmentation significative des dépenses de santé à la charge de l'assurance de base, en particulier dans le secteur ambulatoire, écrit l'Etat de Vaud dans un communiqué.

Mesures annoncées

Le canton a décidé de prendre des mesures pour maîtriser cette évolution et en atténuer le poids sur les primes des Vaudois. Pour agir sur la densité médicale, il a annoncé qu'il allait renforcer la clause du besoin et instaurer un moratoire sur l'installation de nouveaux médecins, tant en cabinet qu'en institution.

Il veut aussi intervenir sur les tarifs de ce secteur, en tant qu'autorité d'approbation, par l'introduction de mécanismes de maîtrise du volume des dépenses. A défaut, il pourrait agir par une baisse de la valeur du point. La médecine de famille ferait l'objet d'une approche différenciée.

Vaud enregistre la plus forte hausse des primes de l'assurance maladie de base en 2018: 6,4% pour les adultes et 8,3% pour les enfants. La hausse moyenne suisse sera de 4% pour les adultes et 5% pour les enfants.

Sion relativise

Après Vaud, le Valais est le canton le plus frappé par la hausse des primes maladie. Néanmoins, la prime moyenne y restera avantageuse en comparaison suisse, a rappelé le département de la santé qui a pris plusieurs mesures.

Les adultes débourseront en moyenne 418 francs par mois pour leur assurance-maladie obligatoire en 2018, soit une augmentation de 5,9% ou de 23,20 francs. Cette hausse est plus que la moyenne suisse ( 4%) et que celle tous les cantons à l'exception de Vaud (6,4%).

Une situation peu réjouissante mais qu'il s'agit de pondérer, a indiqué devant la presse la cheffe du Département valaisan de la santé Esther Waeber-Kalbermatten. Car même augmentée, la prime moyenne adulte est inférieure de 47 francs environ à la prime moyenne suisse (465,3) et le Valais reste le canton romand avec les primes les plus basses.

Limiter les équipements

La hausse prévue pour 2018 s'explique en partie par le fait que de nombreux Valaisans sont affiliés à des caisses-maladie qui doivent reconstituer leurs réserves et ont donc augmenté leurs primes. Dans le Valais romand, 63% des assurés adultes sont affiliés auprès de caisses-maladie offrant des primes élevées.

Le canton agit constamment pour freiner l'augmentation des coûts de la santé, a souligné la conseillère d'Etat. En plus de son soutien à la révision du Tarmed proposé par Alain Berset, il a réintroduit en 2016 un moratoire sur l'installation de nouveaux médecins en cabinet dans le canton.

Le Valais veut aussi limiter l'installation d'équipements médico-techniques lourds dans les hôpitaux et le secteur ambulatoire. Et son gouvernement va encore publier une liste d'interventions médicales qui devront en principe être effectuées uniquement en ambulatoire.

Le Jura toujours au sommet

Les autorités jurassiennes ont de leur côté pris acte qu'«une nouvelle fois, les hausses annoncées pour le canton sont plus élevées que la hausse moyenne en Suisse, sauf pour les jeunes». Pour le Conseil d'Etat, la crédibilité du système est remise en cause et la concurrence entre les assureurs ne fonctionne pas.

Quant aux mesures de l'OFSP, «il ne s’agit que de mesures ponctuelles qui ne permettront pas de maîtriser la hausse des coûts sur le long terme», déplore le canton.

A son avis, la meilleure solution à court terme consiste encore à changer d’assureur-maladie ainsi qu'à se renseigner sur les différents modèles d’assurance et sur les modes de remboursement, ou encore en choisissant une franchise à option.

(ats)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.