Un vent de panique fait trembler l'arc jurassien

Franc fortDeux entreprises ont annoncé des mesures salariales pour les frontaliers. Un député propose un fonds de soutien à l’industrie.

L’entreprise Straumann, à Villeret (Jura bernois), va payer ses frontaliers en euros. Le personnel, la direction et le conseil d’administration ont aussi accepté une diminution de leur bonus.

L’entreprise Straumann, à Villeret (Jura bernois), va payer ses frontaliers en euros. Le personnel, la direction et le conseil d’administration ont aussi accepté une diminution de leur bonus. Image: DR

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Les choses se précipitent dans l’arc jurassien. Coup sur coup, deux entreprises ont annoncé des mesures afin de parer aux effets du franc fort. Le fabricant de panneaux aimantés Bourgeois, à Courgenay (JU), va baisser de 10% les salaires de ses frontaliers tant que l’euro ne remontera pas à 1fr.10. La mesure, qui a été acceptée par les 17 employés français sur 21 au total, s’applique aussi au directeur. A Villeret (BE), l’entreprise Straumann, spécialisée dans les implants dentaires, va payer ses frontaliers en euros. L’ensemble du personnel, le directeur et le conseil d’administration ont accepté aussi une diminution de leur bonus. Dans le Jura bernois toujours, le député Maxime Zuber propose de créer un fonds de soutien à l’industrie, alimenté par les bénéfices de la Banque nationale.

Secrétaire syndical à Unia Transjurane, Achille Renaud a connaissance de ces deux cas. D’ailleurs, il sort d’une réunion avec deux jeunes bûcherons contraints d’accepter une baisse de salaire de 20%. «On voit là que la pression n’épargne pas le secteur semi-public.» Le syndicaliste condamne ces mesures précipitées, motivées selon lui par la volonté de rassurer les actionnaires dans le cas de Straumann.

Achille Renaud estime que certaines entreprises veulent profiter de l’occasion pour dégager certains travailleurs et aligner les salaires sur l’Union européenne, quitte à abandonner le partenariat social. «Une telle crise devrait être mise à profit pour réfléchir à une meilleure organisation du travail, à des mesures d’accroissement de la productivité ou d’économies d’énergie.» Un processus auquel les employés devraient être associés, car ils sont les mieux placés pour constater des gaspillages. «Là où les entreprises acceptent une telle réflexion, on constate que des solutions très positives finissent par être dégagées.»

Chef ad interim du Service des arts et métiers du Canton du Jura, Boris Rubin a été contacté par une seule entreprise jusqu’à présent. «Elle voulait savoir quelle était sa marge de manœuvre en matière salariale, tout en respectant la loi.» Le haut fonctionnaire a attiré son attention sur le droit du travail et la libre-circulation. Le premier interdit de faire peser les risques de change sur les salariés. Quant aux accords bilatéraux, ils prohibent la discrimination entre travailleurs nationaux et européens. A priori, une commission tripartite devrait juger qu’un salaire plus bas pour les frontaliers relève du dumping par rapport aux travailleurs indigènes.

Le Canton veut attendre

Secrétaire général du Département bernois de l’économie, Adrian Studer n’a pas encore eu l’occasion de discuter salaires avec des entreprises. Il estime qu’il convient d’observer les effets de la décision de la BNS avant de prendre des mesures cantonales telles que celle préconisée par Maxime Zuber.

Créé: 03.02.2015, 19h23

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