Les Verts relancent l’idée des dimanches sans voiture

GenèveLes écologistes demandent à l’Etat et à la Ville d’exclure un dimanche par mois le trafic motorisé dans le périmètre de la rade.

L’idée est de retrouver une fois par mois des quais sans trafic dans une ambiance qui s’apparente à celle du Slow Up de l’été.

L’idée est de retrouver une fois par mois des quais sans trafic dans une ambiance qui s’apparente à celle du Slow Up de l’été. Image: Keystone

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Les Verts jettent un joli pavé dans la rade en relançant l’idée des dimanches sans voiture, mais dans un périmètre limité. Leurs élus déposent devant le Grand Conseil et devant le Conseil municipal de la Ville de Genève deux motions enjoignant les autorités de fermer le pourtour de la rade à la circulation motorisée chaque premier dimanche du mois. Une proposition qui ne laissera pas grand monde indifférent.

«Ceux qui ont vécu les dimanches sans voiture en 1973 suite au choc pétrolier en gardent un souvenir marquant, explique Alfonso Gomez, conseiller municipal Vert en Ville de Genève. Des expériences ont depuis été menées à Bâle-Ville, Zurich ou Berne, mais cela a été fait un peu au coup par coup. Ce que nous souhaitons, c’est systématiser un rendez-vous mensuel sans voiture autour de la rade.»

Quais et pont fermés

Les objectifs sont bien entendu environnementaux (qualité de l’air ou nuisances sonores), mais pas uniquement. «Ce n’est pas une initiative sur la mobilité, c’est une démarche sociale, une proposition en faveur du mieux-vivre, poursuit la députée Lisa Mazzone, présidente des Verts. Nous espérons un large soutien. C’est une mesure simple et populaire.»

Le projet consiste à bannir la circulation motorisée sur les quais (Wilson, Mont-Blanc, Bergues, Général-Guisan et Gustave-Ador) ainsi que sur le pont du Mont-Blanc de 8 à 18 h chaque premier dimanche du mois. Seuls les transports publics et, bien évidemment, les véhicules de secours auront accès à ce périmètre. Des dérogations spéciales pourront toutefois être obtenues. Des itinéraires d’évitement devront être mis en place, comme cela se pratique par exemple lors du Marathon de Genève.

Ne soyons pas naïfs, la proposition écologiste s’inscrit pleinement dans la campagne des élections municipales. Ce n’est toutefois pas suffisant pour la discréditer. Les Verts ont ainsi beau jeu de rappeler que le programme d’actions 2014-2018 du Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture parle lui aussi de «dimanche sans voiture sur les quais et dans les communes». Il fixait même l’appel à projet en 2014.

Beaucoup s’en passent

«Plus de 40% des habitants de la Ville de Genève n’ont pas de voiture, ajoute Valérie de Roguin, secrétaire générale de l’Association transports et environnement et candidate Verte en Ville. Nous allons dans le sens de ce que demande une grande partie de la population. Les résultats du sondage mené par le département de Luc Barthassat plébiscitaient ainsi les transports publics et la marche à pied au centre.»

Sondage ou pas sondage, il n’y a pas grand risque à prédire de vives résistances politiques, particulièrement au Grand Conseil. Ce sera sans doute l’occasion d’évoquer les expériences faites à l’étranger dans plusieurs villes et qui n’ont rien à voir avec la couleur politique des élus locaux.

Ainsi, à Paris c’est effectivement la maire socialiste, Anne Hidalgo, qui a commencé à piétonniser les berges et envisage un dimanche sans voiture le 16 septembre. Une journée qui existe depuis dix ans à Bruxelles. Mais c’est Bordeaux qui demeure la référence puisque son centre-ville est interdit aux véhicules un dimanche par mois depuis 1998. Or le maire de l’époque, toujours en fonction aujourd’hui, s’appelait Alain Juppé. Pas spécialement un homme de gauche.

Créé: 17.03.2015, 07h05

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«Ça n’a pas de sens!»

A droite et dans les milieux automobiles, la motion des Verts est perçue comme une rengaine électoraliste, vouée à l’échec. «Ça n’a aucun sens de venir avec une telle proposition aujourd’hui, s’insurge François Membrez, président du TCS. Les Verts sont en totale contradiction avec eux-mêmes.»

Pour le TCS, le parti écologiste s’oppose à la traversée du lac alors que ce serait la seule manière d’obtenir une diminution du trafic sur le centre, voire de mettre en place des fermetures occasionnelles de la circulation sur les quais et le pont du Mont-Blanc, les dimanches.

«Plusieurs études ont montré qu’avec une traversée, nous pourrions supprimer une voie de circulation dans les deux sens, y compris sur le pont, détaille François Membrez. Et une fermeture le dimanche, en cas de manifestation, deviendrait bien plus simple.»

Le député PLR Daniel Zaugg abonde. «Le pont du Mont-Blanc, c’est l’aorte de Genève. En coupant la circulation à cet endroit, on provoque l’infarctus», assure le président de la toute nouvelle sous-commission créée en vue de l’élaboration d’un projet de loi-cadre sur la mobilité. C’était sympa en 1973, mais aujourd’hui? Ça n’a aucune pertinence.»

«Le PLR devrait s’opposer à ce projet, assure le député. L’offre actuelle en transport public ne permet pas de miser sur un report modal réaliste. Et on ne va pas bloquer toute la ville juste pour faire plaisir aux Verts.»

Isabel Jan-Hess

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