Passer au contenu principal

Les Verts signent un retour gagnant dans les cantons

Après Fribourg et le Valais, c’est à Neuchâtel que les Verts cartonnent. Un succès signe d’un renouveau de l’écologie politique

Fabien Fivaz, candidat des Verts au gouvernement neuchâtelois, qui a certes jeté l’éponge mais qui savourait dimanche «le meilleur résultat de notre histoire».
Fabien Fivaz, candidat des Verts au gouvernement neuchâtelois, qui a certes jeté l’éponge mais qui savourait dimanche «le meilleur résultat de notre histoire».
Keystone

«C’est le meilleur résultat de notre histoire.» Fabien Fivaz est encore dans l’euphorie des élections cantonales de dimanche. Le candidat des Verts au gouvernement neuchâtelois n’a pourtant pas réussi son pari de reconquérir le siège de Fernand Cuche, perdu en 2009. Le parti espérait profiter de la crise politique autour de la réforme hospitalière pour s’adjuger le siège du socialiste Laurent Kurth. Las, leur candidat accuse un retard de plus de 5000 voix. Bien trop pour que le parti reparte pour un second tour. «Ma seule carte, c’est celle des Montagnes. Mais ce ne serait pas bon de n’être que le candidat d’une partie du canton», analyse Fabien Fivaz, qui jette l’éponge sans le moindre regret.

Troisième force politique

Il faut dire qu’avec un gain de 5 sièges au Grand Conseil, où ils en totalisent 17 sur 100, les Verts sont désormais la troisième force politique du canton, derrière le PLR et le PS. Un véritable retour gagnant pour le parti, qui a présenté des listes complètes dans chaque district, offrant ainsi une riche palette de profils et de personnalités. Une stratégie du choix totalement assumée par la présidente, Céline Vara. «Nous avons récolté les fruits de ce que nous avions semé», se réjouit-elle.

«La création des Vert’libéraux nous a enlevé une épine du pied. Nous avons perdu quelques membres, mais nous avons retrouvé un positionnement politique clair, à gauche du PS. Et cela, les gens l’apprécient, confirme Fabien Fivaz. Et en nous présentant comme le seul parti capable de challenger l’équipe gouvernementale, nous avons pu mener une bonne campagne, très visible.»

Pour les Verts suisses, très affaiblis par les défaites électorales de 2011 (–5 sièges) et 2015 (à nouveau – 5 sièges), l’heure est peut-être à la reconquête. En effet, la victoire neuchâteloise fait suite à tout une série de bons résultats dans les cantons. Mis à part Uri et Schaffhouse, où le parti a perdu respectivement 1 et 2 sièges, les Verts n’ont plus enregistré de défaite dans les parlements cantonaux. Ils se sont maintenus à Soleure, en Argovie, en Thurgovie et à Schwytz où ils font liste commune avec le PS.

Une série de victoires

En octobre dernier à Bâle-Ville, l’Alliance verte a gagné 1 siège, pour un total de 14. Et a réussi à sauver son siège au Conseil d’Etat, en plaçant Elisabeth Ackermann en remplacement du très populaire Guy Morin. Un mois plus tard à Fribourg, les Verts doublaient leur représentation, passant de 3 à 6 sièges. Enfin, début mars, les Verts valaisans créaient la surprise en s’octroyant 6 sièges! En passant de 2 à 8 fauteuils, le parti peut désormais former un groupe parlementaire. Bref, le parti change d’échelle et peut espérer peser un peu sur la politique cantonale.

«Il y a bien sûr à chaque fois des explications contextuelles cantonales, mais il y a un trend plus général autour de notre parti, analyse Lisa Mazzone, vice-présidente du parti suisse. Que ce soit en Valais ou à Neuchâtel, les Verts ont su créer une dynamique positive en présentant des candidats jeunes, et avec des profils très diversifiés. Dans ces deux cantons, la transition générationnelle s’est faite.» Et de citer en exemple la plus jeune élue Verte au Grand Conseil neuchâtelois, qui a tout juste 25 ans.

Plus largement, la Genevoise met ces victoires sur le compte d’un profil politique plus affûté à gauche. «Nous sommes le parti le plus engagé pour une Suisse ouverte et solidaire, qui se bat pour des règles éthiques sur le plan de l’environnement et des droits sociaux. Cela fait de nous la force politique la plus éloignée de l’UDC. D’où cette remobilisation pour faire des Verts une alternative sans concession au populisme ambiant», analyse-t-elle.

La reconquête verte est aussi à mettre en relation avec les deux initiatives des Verts, sur l’économie verte et sur la sortie du nucléaire. Deux textes clairement refusés par le peuple, mais qui ont remis sur le devant de la scène les questions environnementales. «Il y a un retour du discours politique sur l’écologie», note Lisa Mazzone.

Un contre-effet Trump

Andreas Ladner, politologue à l’UNIL, reste, lui, prudent. Difficile de tirer un trend général avec aussi peu de données, met-il en garde. Il n’empêche, le spécialiste y voit un possible contre-effet Trump. «Avec ses thèses climato­sceptiques, le président américain a remis en lumière la question de l’écologie. Et même si c’est très symbolique, car ce ne sont pas quelques sièges de plus dans les parlements valaisans et neuchâtelois qui vont changer quelque chose à l’échelle de la planète, les électeurs se disent que ça vaut la peine de soutenir les Verts», analyse-t-il à chaud.

«Pour moi, Les Verts sont encore bien vivants! Et s’ils ont perdu des sièges ces dernières années, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’ils se reprennent un peu. C’est la vie des partis», conclut-il.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.