«Moins de viande!» clame Greenpeace

ClimatL’ONG a déroulé une banderole sur la place des Nations, à Genève, faisant écho aux recommandations du GIEC publiées jeudi dans son rapport.

«Less Meat = Less Heat Climate Action NOW», littéralement, «Moins de viande = moins de chaleur. Un action pour le climat MAINTENANT»

«Less Meat = Less Heat Climate Action NOW», littéralement, «Moins de viande = moins de chaleur. Un action pour le climat MAINTENANT» Image: Georges Cabrera

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Pas de vaste rassemblement populaire, ni de mégaphone ou de longs discours, mais une bannière tendue: «Less Meat = Less Heat. Climate Action NOW» (littéralement, «Moins de viande = moins de chaleur. Une action pour le climat MAINTENANT»). Cinq militants Greenpeace étaient rassemblés dès 8h45 ce jeudi matin à la place des Nations.

L’action se voulait extrêmement simple. Le but: sensibiliser à l’impact de la consommation de viande sur le réchauffement climatique et marquer le coup, alors que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) rendait public le matin même son rapport spécial pour le climat consacré au «changement climatique, à la désertification, à la dégradation des sols, à la gestion durable des terres, à la sécurité alimentaire et aux flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres». Le texte d’une soixantaine de pages a été approuvé par 195 Etats membres de l’ONU mercredi.

«Notre idée, n’est pas de dire aux gens qu’il faut totalement arrêter de manger de la viande, mais de réduire sa consommation. Sans avoir à en importer, la Suisse est en mesure de fournir 300 grammes de viande par personnes et par semaine à ses habitants. Une quantité suffisante pour nos besoins nutritionnels. Cela permet de réduire les maladies cardio-vasculaires, notamment, et d’agir directement contre le réchauffement climatique. On est au bord d’une situation de non-retour!» s’alarme Mathias Schlegel, porte-parole pour Greenpeace Suisse.

Devant la banderole, deux experts Greenpeace, accrédités auprès du GIEC, sont aussi présents pour clamer l’urgence d’un changement de comportement radical.

Christoph Thies, expert de Greenpeace Allemagne pour les forêts et le climat, tient à souligner deux points issus du rapport. La nécessité de changer notre alimentation quotidienne, car «la production de nos aliments génère en effet 30% des gazs à effet de serre et la production de viande et de produits animaux y contribue très lourdement» (ndlr: principalement à cause des émission de méthane). Les Etats doivent, par ailleurs, sauvegarder les forêts. «Il faut les laisser se développer, car les arbres et le sol absorbent le dioxyde de carbone (CO2) présent dans l'air et le stockent sous forme de matière organique. Le rapport du GIEC ne donne pas de solutions toutes faites mais explore toutes les pistes possibles.»

L’expert émet toutefois une réserve sur les bioénergies, qui figurent parmi les solutions envisagées dans le rapport contre le réchauffement climatique. «Le risque est de consacrer de très larges surfaces agricoles à la production d'énergie à partir de matière biologique - à travers des champs de monocultures - et donc de participer à mettre en péril la sécurité alimentaire mondiale. Cette piste doit être davantage approfondie scientifiquement», ajoute-t-il.

A côté de lui, Reyes Tirado, principale chercheuse scientifique pour le Greenpeace Research Laboratory à l'Université d'Exeter, spécialiste des questions liées à l'agriculture et au réchauffement climatique, se prête aussi au jeu des questions. Elle se dit «satisfaite» du rapport, mais reconnaît que les discussions durant toute la semaine ont été «intenses et complexes», notamment car elles touchent à la culture des pays. Mais la situation est urgente: actuellement, 820 millions de personnes souffrent de la faim, deux milliards d'adultes sont obèses ou en surpoids et 30% de la nourriture seraient gaspillés, selon les experts.

La scientifique dresse un lien naturel entre ce rapport de la communauté scientifique internationale et le sommet Smile for Future, initié lundi à Lausanne en présence de 450 délégués et de la jeune activiste suédoise Greta Thunberg. «Descendre dans la rue, se mobiliser est aussi essentiel, mais j’ai aussi apprécié le message qu’elle a adressé cette semaine: «Vous devez écouter la science.»

Créé: 08.08.2019, 14h01

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