Passer au contenu principal

Votation cantonaleVote à 16 ans: Neuchâtel pionnier romand?

Après Glaris en 2007, le canton pourrait être le second en Suisse à offrir le droit de vote à 16 ans. Le peuple se prononcera le 9 février.

Si les Neuchâtelois disent oui, les jeunes de 16 à 18 ans pourront voter, s'ils en font la demande auprès du bureau électoral de leur commune.
Si les Neuchâtelois disent oui, les jeunes de 16 à 18 ans pourront voter, s'ils en font la demande auprès du bureau électoral de leur commune.
Keystone

Le canton de Neuchâtel pourrait être le premier canton romand à offrir le droit de vote à 16 ans. Si la population neuchâteloise accepte le 9 février d'abaisser la majorité civique à 16 ans sur demande, d'autres cantons comme Vaud, Genève, Zurich et le Valais où des projets sont en cours, pourraient lui emboîter le pas.

«Le droit de vote à 16 ans sera soumis pour la première fois au vote de la population en Suisse romande le 9 février», a expliqué Baptiste Hunkeler, président du comité d'initiative et par ailleurs député socialiste. Si les Neuchâtelois disent oui, les jeunes de 16 à 18 ans pourront voter, s'ils en font la demande auprès du bureau électoral de leur commune, mais n'auront pas le droit d'être élus, jusqu'à leur majorité.

«Lors des manifestations étudiantes de l'an dernier, beaucoup de jeunes n'avaient pas l'âge requis pour voter mais tous voulaient être entendus», a déclaré un étudiant lors du lancement de la campagne de presse. Selon lui, les jeunes sont de plus en plus engagés sur des thématiques qui touchent à leur futur et sur lesquelles ils souhaitent donner leur avis à travers les urnes.

Laboratoire de la vie civique

Le droit de vote à 16 ans sur demande est soutenu par la majorité du Grand Conseil, le Conseil d'Etat, les socialistes, les Verts et les Vert'libéraux. Lors du vote au parlement neuchâtelois, le conseiller d'Etat Alain Ribaux avait déclaré que le vote à 16 ans est «un renforcement de la démocratie» et «un véritable laboratoire de la vie civique».

La députée vert'libérale Mireille Tissot-Daguette estime que «beaucoup de choses se font à 16 ans, comme payer ses impôts ou boire du vin et de la bière, choisir son métier ou son orientation». Selon elle, le fait que ce soit sur demande et pas obligatoire est un avantage car c'est au jeune de faire le pas.

Les initiants estiment qu'octroyer le droit de vote aux jeunes permettra de relancer la participation. «Habituer les jeunes dès la fin de la scolarité obligatoire à voter, c?est développer un sens démocratique et civique», argumentent-ils.

Figure de la vie politique neuchâteloise et de la cause des femmes, Marie-Antoinette Crelier, 89 ans, a rappelé le parallèle entre l'extension du droit de vote pour les jeunes et les débats sur la question du droit de vote des femmes. «Je me suis souvenue de ce que l?on disait avant que j'obtienne le droit de vote, que les femmes étaient infantiles. Nous laissons un avenir incertain à nos enfants, faisons leur confiance».

Protection de la jeunesse

Lors des débats au Grand Conseil, le député popiste Daniel Ziegler s'était opposé à cette modification. Il redoute que ce changement ne soit la porte ouverte à un abaissement de la majorité civile et engendre un recul de la protection de la jeunesse.

La droite est majoritairement aussi opposée au droit de vote à 16 ans. «Le système actuel est cohérent avec une majorité pénale, civile et civique à 18 ans. On entrerait dans un système incohérent où un jeune aurait le droit de voter mais pas de signer un contrat d'apprentissage tout seul», a déclaré Anna Ludwig, co-présidente des Jeunes libéraux-radicaux, sur les ondes RTS.

Selon elle, «délier ces trois majorités est problématique mais pas l'âge en tant que tel». Anna Ludwig n'aime pas non plus le système à la demande qui «engendre une démocratie à la carte et enlève le principe de l'automaticité».

Glaris a fait le pas

En cas de oui le 9 février, Neuchâtel serait le 2e canton suisse à accorder le droit de vote à 16 ans, après Glaris en 2007. Le canton de Suisse orientale, victime d'exode de ses jeunes, avait choisi de donner un signal à sa jeunesse pour l'inciter à y rester.

Dans d'autres pays, une dizaine en Europe dont l'Autriche, le vote dès 16 ans est possible. Dans ce dernier pays, cela a permis d'augmenter la participation.

En Suisse, l'abaissement de la majorité civique est discuté dans plusieurs cantons. Dans le canton de Vaud, une motion a été déposée et renvoyée en commission fin 2018. Le texte sera débattu en plénum à une date non encore connue. A Genève, un nouveau projet est actuellement discuté en commission.

En Valais, la commission de la Constituante a décidé de soutenir un droit de vote à 16 ans. Dans le canton de Zurich, l'exécutif se penche depuis mars 2019 sur une demande en ce sens du Grand Conseil.

ats

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.