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La Suisse serre la vis aux requérants érythréens

Quitter illégalement l’Erythrée ne justifie plus en soi la reconnaissance de la qualité de réfugié.

Selon le Secrétariat d'Etat aux migrations, 5178 Erythréens ont déposé une demande d'asile en Suisse en 2016.
Selon le Secrétariat d'Etat aux migrations, 5178 Erythréens ont déposé une demande d'asile en Suisse en 2016.
Keystone

Les ressortissants érythréens ne peuvent plus être automatiquement reconnus comme réfugié au seul motif qu’ils ont quitté illégalement leur pays. Ainsi en a décidé le Tribunal administratif fédéral (TAF) dans un arrêté communiqué hier. Sa décision marque un changement de jurisprudence et la fin d’une longue pratique.

C’est une «analyse approfondie des informations actuelles sur le pays» qui a conduit à ce durcissement. Le TAF arrive à la conclusion qu’une sortie illégale n’expose pas un Erythréen à une persécution «déterminante» en matière d’asile. Il en veut pour preuve le fait que des membres de la diaspora, parmi lesquels se trouvent également des personnes ayant quitté illégalement leur pays, retournent en Erythrée pour de brefs séjours. Si ceux-ci sont possibles «sans difficulté, les personnes sorties illégalement ne peuvent plus prétendre être considérées de manière générale comme des traîtres et exposées dans leur pays à une peine sévère», affirme le TAF.

Désormais des éléments individuels supplémentaires sont nécessaires pour prouver qu’un demandeur d’asile est une personne indésirable aux yeux des autorités érythréennes.

Changement de pratique

Avec cette décision, le TAF confirme le changement de pratique initié par le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) l’été dernier. Depuis juin, celui-ci n’accepte plus la sortie illégale d’Erythrée comme motif d’asile pour les personnes qui sont en règle avec leurs obligations militaires.

«Je soutiens la décision du Tribunal administratif fédéral. Accepter les demandes d’asile d’Erythréens de manière automatique n’est pas la voie à suivre», affirme Christian Wasserfallen (PLR/BE). Le conseiller national faisait partie du voyage controversé de plusieurs élus qui voulaient se faire une idée de la situation sur place. «Nous devons continuer à essayer de savoir ce qui se passe vraiment dans ce pays.»

L’Erythrée est depuis une dizaine d’années un des principaux pays de provenance des requérants d’asile en Suisse. Ses habitants sont astreints à un service national de durée indéterminée. Un rapport de l’ONU dénonçait en juin des détentions arbitraires, des actes de torture et des meurtres.

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