«Des Suisses de l'étranger sont discriminés par les banques»

ColèreJacques-Simon Eggly lance un appel pour que les Suisses de l'étranger bénéficient de mêmes conditions que les autres dans les banques du pays.

Jacques-Simon Eggly, ancien conseiller national (PLR/GE), préside depuis 2007 l'Organisation des Suisse de l'étranger.

Jacques-Simon Eggly, ancien conseiller national (PLR/GE), préside depuis 2007 l'Organisation des Suisse de l'étranger. Image: Keystone

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Le Conseil des Suisses de l'étranger prépare une résolution pour dénoncer certaines pratiques bancaires helvétiques. Le texte, qui sera soumis ce samedi au vote des 140 délégués, demande que les citoyens établis hors de nos frontières (quelque 700000 personnes) bénéficient du même traitement que les autres Suisses dans les établissements du pays. Questions au président de l'Organisation des Suisses de l'étranger (OSE), le Genevois Jacques-Simon Eggly.

Quelle discrimination dénoncez-vous envers les Suisses de l'étranger?

Jacques-Simon Eggly : Les Suisses habitant aux Etats-Unis sont actuellement refusés dans un certain nombre de banques suisses. Ils ne peuvent plus ouvrir de compte, parfois ils se voient même fermer leur compte. Par contamination, nous voyons que cela commence à concerner des Suisses résidant dans d'autres pays. L’autre problème, c’est que les Suisses de l’étranger qui veulent ouvrir des comptes dans certaines banques se voient maintenant poser des conditions spéciales comme 50000 ou 100000 francs de dépôt minimum. Les frais de gestion des comptes sont aussi plus élevés que pour les autres Suisses. Ce sont des discriminations évidentes!

Combien de vos membres sont concernés?

Difficile de le savoir. Nous avons reçu quelques dizaine de plaintes. Environ 80000 Suisses sont établis aux Etats-Unis. Mais nous allons proposer samedi à nos membre de voter une résolution qui sera adressée au Conseil fédéral, aux médias et aux banques. Nous pourrions même l'envoyer directement aux banques.

Le Conseil fédéral n'a-t-il pas déjà répondu que les banques sont libres de leurs pratiques commerciales?

Oui, c'est ce qu'il a dit il y a quelques jours au conseiller national Luzi Stamm (UDC/AG). Mais il reste l'aspect moral. Il faut se souvenir qu'UBS a eu récemment besoin de l’aide de la Banque nationale, même si la Suisse n’y a rien perdu dans l'affaire. Et il faut rappeler que la majorité des Suisses qui subissent ces décisions ne sont pas du tout des fraudeurs, ce sont des gens qui déclarent leurs revenus.

En tant que libéral genevois, ne comprenez-vous pas l'extrême prudence des banques après les problèmes survenus aux Etats-Unis?

Oui et non. Après que certaines banques se soient très mal conduites, je constate que les Etats-Unis tiennent le couteau par le manche et multiplient les démonstrations de force. Mais j’essaierais de ne pas les jeter les clients comme des panosses. Humainement, il me semble délicat d'éconduire des clients après les avoir racolé. Et rien ne semble justifier les mesures appliquées aux Suisses résidant dans d'autres pays et encore moins les frais de gestion des comptes. On parle de montants de 40 francs par mois, ce n'est pas assez pour mettre des gens sur la paille, mais c'est injuste.

Qu'attendez-vous de cette résolution sur le plan concret?

Cela dépend... si on est plus ou moins pessimiste. Je dois constater que ces faits n'ont pas entraîné de mouvement de fond jusqu'à présent. Ils sont pourtant choquants, mais les réactions politiques n'ont pas eu d'impact. L'Organisation des Suisses de l'étranger doit jouer son rôle et essayer de contribuer à une prise de conscience. Parallèlement nous explorons d'autres pistes, notamment des contacts en direct avec quelques banques.

Créé: 23.03.2012, 16h09

Dans le collimateur

Raiffeisen a annoncé en février qu'elle renonçait à traiter avec les clients ayant un lien avec les Etats-Unis. La banque avait notamment repris les activités américaines de Wegelin, dans le collimateur de la justice pour avoir aidé des clients à frauder le fisc américain. D'autre banques ont fait de même.

Le Conseil fédéral a été interrogé sur ce sujet le 7 mars, via une question de Luzi Stamm (UDC/AG): "Les citoyens suisses résidant à l'étranger, notamment aux Etats-Unis , ont de plus en plus de peine à ouvrir un compte auprès d'une banque suisse. Ils voient même parfois leurs comptes fermés alors qu'ils les détenaient depuis des années."

Réponse du Conseil fédéral: "Cela fait partie de la liberté contractuelle que de laisser décider les banques avec les clients de quels pays elles souhaitent faire des affaires."

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