Les Suisses de l'étranger réclament le vote électronique

PolitiqueLa Cinquième Suisse demande le droit de s'exprimer par internet. Les essais menés en 2011 montrent que ce systéme booste la participation.

Jacques-Simon Eggly, président de l'Organisation des Suisses de l'étranger, qui regroupe quelque 700000 compatriotes.

Jacques-Simon Eggly, président de l'Organisation des Suisses de l'étranger, qui regroupe quelque 700000 compatriotes. Image: Keystone

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Il faut généraliser le vote électronique pour les Suisses qui vivent hors des frontières dès les élections fédérales de 2015. «C'est une de nos demandes pressantes», a lancé ce matin Jacques-Simon Eggly, président de l'Organisation des Suisses de l'étranger (OSE), à Berne. Ce système permettra à la diaspora helvétique de s'exprimer davantage dans les urnes.

Faible participation

L'OSE a lancé depuis quelques semaines une pétition réclamant cette mesure. Elle a déjà récolté 8000 signatures. «Le vote électronique a des effets certains sur la participation des Suisses hors frontières aux scrutins nationaux», souligne Jacques -Simon Eggly.

La dernière étude Selects menée lors des élections de 2011 montre que le taux moyen de participation des Suisses de l'étranger est de 30%. Soit nettement plus faible que la moyenne des votants suisses établis dans le pays (50%). Mais «dans les quatre cantons où la possibilité du vote électronique était offerte, le taux était de 41%», relève le président de l'OSE.

Avec le système traditionnel, «le matériel de vote arrive tard et souvent même trop tard». Seuls les cantons d'Argovie, de Bâle-Ville, des Grisons et de Saint-Gall offraient l'an dernier la possibilité du vote électronique.

Ecologie et ouverture

Plusieurs études montrent que les Suisse de l'étranger votent plus à gauche que leurs compatriotes. L'an dernier, les Verts ont séduit les expatriés dans une proportion extraordinaire: 15% des votes, contre 8,4% en moyenne nationale. Quant au Parti socialiste (PS), il a réalisé 21% des scores hors frontières, contre 18,7% de résultats globaux, selon des estimations de l'Université de Zurich.

Le Parti libéral-radical (PLR) et les Verts libéraux font légèrement mieux que le PDC et PBD. L'UDC reste tout de même le deuxième parti prisé par les électeurs du "bout du monde", avec 20% (contre 26,6% en moyenne suisse).

L'UDC reste populaire

Le profil politique global de la cinquième Suisse montre une tendance «urbaine, cultivée et ouverte», note Michael Hermann, directeur de recherches à l'Université de Zurich.

Georg Lutz, politologue et auteur de l'étude Selects, observait récemment que le soutien des Suisses de l'étranger «s’adresse aux partis ouverts à l’Europe et au monde (PS et Verts) plutôt qu’à ceux qui sont en faveur d’une politique plus isolationniste de la Suisse (UDC). Cependant l’UDC est tout de même un parti populaire parmi les Suisses de l’étranger».

Aucun élu de l'extérieur

Sur 700'000 Suisses qui vivent hors des frontières, environ 143'000 votent. Ce qui correspond à peu près à l’électorat du canton de Lucerne. Ou à 2,5% de l'électorat du pays. Un réservoir de voix non négligeable pour les partis politiques. Plusieurs d'entre eux ont inclus des Suisses de l’étranger sur leurs listes et ont préparé des listes internationales lors des élections fédérales de 2011.

L’UDC en a présenté dans huit cantons, le PS dans deux cantons et le PDC dans un canton. Aucun des partis n’a gagné de siège. La liste la plus plébiscitée, celle de l’UDC dans les Grisons, n'avait réuni que 1,3% des voix.

(nxp)

Créé: 21.05.2012, 12h01

Vingt ans après

A distance. L'Organisation des Suisses de l'étranger (OSE) réclame le vote électronique tout juste vingt ans après avoir obtenu le droit de vote à distance.

Venir. «Avant 1992, les membres de notre diapora devaient venir en Suisse afin de participer aux élections et votations fédérales», rappelle Jacques-Simon Eggly, président de l'OSE.

Décuplé. En vingt ans l'électorat de l'extérieur a décuplé. Le Conseil fédéral estimait en 1992 que la possibilité de voter à distance pourrait motiver 25000 expatriés. Leur nombre était de 57000 en 1995, de 105000 en 2005 et de plus de 143000 en 2011.


Renfort.
Le passage au vote électronique généralisé, ou e-voting, permettrait aujourd'hui de renforcer cette progression: «La démocratie directe doit utiliser ce moyen novateur, dit Jacques-Simon Eggly, si on veut que les membres de notre diaspora et la jeune génération s'impliquent dans les décisions politiques.»

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