Swisscom n’intègre pas l’accès à internet des CFF

MobilitéDepuis mardi, seuls les clients de Salt et de Sunrise peuvent surfer gratuitement dans plusieurs trains suisses. Nous avons testé.

Les représentants de Salt, de Sunrise et des CFF ont présenté leur technologie inédite ce mardi entre Bienne et Zurich.

Les représentants de Salt, de Sunrise et des CFF ont présenté leur technologie inédite ce mardi entre Bienne et Zurich. Image: Keystone

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Dans l’InterCity 5, sur la ligne Bienne-Zurich, de petits modes d’emploi rouge et blanc attendaient les voyageurs, ce mardi. La navigation internet gratuite et à haut débit leur est désormais offerte. Il suffit pour cela de télécharger l’application mobile FreeSurf CFF, de préciser son numéro de téléphone et d’entrer le code reçu par SMS. Facile, même pour les novices.

Seulement voilà: il faut posséder une carte SIM auprès des opérateurs Salt ou Sunrise pour accéder à «ce service de pointe qui se fonde sur la qualité de la desserte de radiotéléphonie mobile le long des voies». Depuis mardi, l’option est disponible sur les 44 InterCity pendulaires (ICN) qui circulent, pour la plupart, entre Genève et Zurich, Lausanne et Saint-Gall ou entre Bienne et Bâle.

Comment ça marche? Trois émetteurs ont été installés dans chaque wagon. Grâce à ces relais, le téléphone peut accéder à internet. Après une heure de test et plusieurs téléchargements, le système se révèle plutôt concluant: cela fonctionne sans interruption et, surtout, c’est rapide. Sur les 4,6 millions de clients des deux opérateurs en Suisse, l’ex-régie fédérale table sur 15% d’utilisateurs d’ici à trois mois.

Christian Aveni est un des patrons suisses de Salt. Il est emballé. «Dans le train, tout le monde surfe. Qu’on écoute de la musique ou qu’on regarde une série, les gigas de données sont rapidement épuisés pour les clients qui ne sont pas au bénéfice d’un forfait illimité ou d’une carte prépayée. Ce que nous proposons est une véritable plus-value et une expérience géniale de surf intégral.» Et le business dans tout ça? «Pour gagner des clients, il faut aussi les conserver», précise le boss.

«Quelques petits millions»

Pourquoi ne pas avoir privilégié la technologie wi-fi traditionnelle et accessible à tous? Réponse chiffrée de Barbara Schoch, cheffe du projet FreeSurf CFF. «Cela nous aurait coûté au moins dix fois plus cher, sans compter les câbles et les routeurs qu’il aurait fallu installer et les coûts de maintenance.» Combien a coûté l’application? «Quelques petits millions de francs», répond la responsable, évasive.

Les CFF ajoutent qu’avec le wi-fi classique, il y a le risque du goulet d’étranglement lorsque trop de passagers se connectent en même temps. Dans le système testé, la bande passante est directement liée au téléphone du client, donc le débit est plus important. Selon Peter Kummer, des CFF, «en Suisse, le réseau est bon partout, bien meilleur qu’à l’étranger». Pour étayer son propos, il se base sur le dernier test du magazine spécialisé «Connect», d’après lequel la couverture mobile à bord des trains suisses est exceptionnelle en comparaison internationale.

«Pas de valeur ajoutée»

L’ombre au beau milieu de ce tableau décrit comme extraordinaire, c’est évidemment la non-participation au projet du numéro un helvétique, Swisscom, qui pèse près de deux tiers du marché. Des pourparlers sont en cours, écrivent les CFF. Mais qu’en est-il au juste? «Ils sont intéressés, nous confie Thomas Tzschoppe, responsable de la connectivité dans les trains. Mais ils pensent, pour l’instant, que leurs clients n’en ont pas réellement besoin. Nous leur faisons remarquer que tous les Suisses n’ont pas un forfait illimité. Et que nous offrons, grâce à notre système, une connexion plus stable sur tous les trajets.» Ce n’est pas le même son de cloche du côté du géant bleu. Son porte-parole, Christian Neuhaus, ne voit aucun intérêt à participer à cette aventure: «Il n’y a pas de valeur ajoutée à passer par une application pour se connecter. Une grande majorité de nos clients ont des forfaits illimités et nous avons le réseau le plus performant.»

Et pour les touristes?

Les CFF étudient, pour cette année encore, une solution d’accès pour les 3% que représentent les clients étrangers. Barbara Schoch se dit confiante: «Nous comptons aussi sur une amélioration des règles de roaming avec les autres pays. À ce jour, nos trains transportent 20 000 touristes par jour. Les Anglais, par exemple, ont des abonnements qui comprennent le roaming pour toute l’Europe. Et nous prévoyons aussi une augmentation des appareils à doubles cartes SIM. Ainsi, les touristes pourront acheter une carte prépayée et avoir accès facilement à notre technologie.»

Les CFF feront le point dans cent jours. Ils pourraient alors envisager d’étendre l’offre d’internet gratuit à l’ensemble du trafic grandes lignes, puis aux trains régionaux. L’expérience serait même étendue, avec le wi-fi cette fois, aux trains qui vont à l’étranger, notamment en Allemagne et en Italie.

Créé: 28.05.2019, 22h14

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