Les syndicats écartent une occasion de clarifier l'accord-cadre

Politique européenneUne rencontre entre le bras droit de Juncker et les syndicats, organisée ce lundi à Bruxelles, a été annulée côté suisse.

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C’est la «NZZ» qui a vendu la mèche, dimanche après-midi: une rencontre était prévue ce lundi à Bruxelles pour parler «clarification» sur les mesures d’accompagnement à la libre circulation des travailleurs. Or l’Union syndicale suisse (USS) ne s’y rendra pas «en raison du délai trop court».

La Commission européenne a réagi immédiatement en rendant publique la demande formulée par la Confédération européenne des syndicats (CES) en date du 6 juin et la réponse faite le 13 juin par le secrétaire général de la Commission européenne, Martin Selmayr. Il y est mentionné une offre de rendez-vous lundi 17 juin de 17 à 19 heures. C’est officiellement un «problème d’agenda» côté suisse qui a empêché la réunion, nous indique-t-on à la CES.

La date proposée par Martin Selmayr n’était pas anodine et explique peut-être le «pas tout de suite» de l’USS. Le Conseil fédéral vient de demander des clarifications avant de signer l’accord-cadre âprement négocié avec l’UE. Dans sa réponse, la semaine dernière, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, mentionnait la date du mardi 18 juin pour trouver un accord sur les points restant litigieux. Ce jour-là, le collège des commissaires européens doit décider de proposer – ou non – aux États membres de prolonger au-delà du 30 juin l’accès de la Bourse suisse aux investisseurs. Une décision à forte portée symbolique, puisqu’elle sera prise sur le fondement d’une appréciation des «progrès» réalisés vers la conclusion d’un accord institutionnel. La position de l’USS ne sera donc pas prise en compte.

La rencontre avec Selmayr, qui a la main haute sur l’ensemble du dossier des relations Suisse-UE, promettait d’être tendue. Contrairement aux négociateurs de l’accord-cadre, la CES estime que «la directive (ndlr: révisée) sur le travail détaché ne fonctionne pas en Suisse en raison des différences de niveau de salaire et de la qualité des contrôles», indique son conseiller, Daniele Basso.

De surcroît, l’initiative de l’UDC sur la libre circulation, sur laquelle une votation est prévue au printemps 2020, changerait la donne. «Plus la Commission pousse pour un changement des mesures d’accompagnement, plus cela aidera la droite à en finir avec la libre circulation, ce qui serait un désastre pour tout le monde», dit-il. Désormais, «la priorité est cette campagne pour maintenir la libre circulation».

La demande de rendez-vous de l’USS resterait d’actualité, assure-t-on du côté de la CES, à condition de trouver une date plus éloignée dans le temps.

Créé: 16.06.2019, 19h43

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