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Taire la nationalité de délinquants: les Verts veulent généraliser la pratique

Le parti s’active pour que les polices du pays suivent l’exemple de la ville de Zurich. L'UDC songe à lancer une initiative cantonale.

Depuis mardi, la police zurichoise ne communique plus systématiquement la nationalité de suspects.
Depuis mardi, la police zurichoise ne communique plus systématiquement la nationalité de suspects.
Keystone

Outre l’âge et le sexe, la police doit-elle indiquer la nationalité d’un délinquant présumé dans ses communiqués? Le débat fait rage outre-Sarine depuis que la Ville de Zurich a décidé d’abandonner, mardi, cette pratique jugée discriminatoire. L’information n’est plus mentionnée et ne sera relayée que sur demande des journalistes. L’UDC crie à la censure. La gauche, qui est à l’origine du changement grâce à une motion au législatif (avec le soutien des Vert’Libéraux), crie victoire. C’est pour elle la fin d’une pratique stigmatisante. Le revirement pourrait faire tache d’huile. Les Verts y sont en tout cas fermement résolus.

Le parti national est en contact avec les sections cantonales pour encourager le dépôt d’interventions appelant à abandonner toute allusion à la nationalité. «C’est une information qui n’apporte rien si ce n’est de renforcer des préjugés dangereux et l’idée d’un lien causal entre l’origine et le délit. Or, ce sont d’autres facteurs qui jouent un rôle, comme le niveau socioéconomique ou de formation», plaide Lisa Mazzone, vice-présidente des Verts. La conseillère nationale genevoise veut empêcher que cette donnée soit instrumentalisée à des fins politiques.

Prudence des socialistes lausannois

À Genève, son parti pourra compter sur le soutien des socialistes. «Nous allons très certainement déposer une motion. Cette pratique encourage le racisme ordinaire. Elle est à bannir dans les communiqués de police, comme dans les médias», affirme Romain de Sainte Marie, député et vice-président du PS cantonal.

À Lausanne, les socialistes vont aussi interpeller les autorités sur ce thème lors du prochain Conseil communal. Mais ce sera pour demander un complément d’information sur ce qui justifie la mention et quels sont les effets observés. «Nous avançons prudemment avant de nous décider, explique le président du PS lausannois Benoît Gaillard. Déroger au principe de transparence ne peut être fait sans précaution, au risque de susciter de la défiance dans la population.» L’élu juge aussi important d’éviter tout décalage de pratique entre la Ville et le Canton. Le parti lausannois est en contact avec la section vaudoise, qui devrait aussi intervenir au Grand Conseil.

«Présentation objective des faits»

Les forces de l’ordre, de leur côté, restent de marbre face à la contestation naissante. «Nous continuons de suivre la directive en vigueur, qui recommande de mentionner la nationalité. Il s’agit d’une représentation objective des faits», indique le Valaisan Christian Varone, président de la Conférence romande des commandants de police. Ces recommandations ont été élaborées par la Conférence suisse des commandants des polices cantonales.

La police genevoise affirme s’y tenir. Celle de Lausanne et du canton de Vaud aussi. Porte-parole de cette dernière, Jean-Christophe Sauterel rappelle que c’est par souci de transparence et pour répondre aux demandes des médias qu’il a été décidé au début des années 2000 de mentionner la nationalité dans ses communications. «Cette pratique est validée dans le canton par le Tribunal des mineurs et le Ministère public. Elle n’est pas discriminatoire car nous donnons systématiquement l’information, qu’un suspect soit suisse ou étranger. Ce n’est stigmatisant qu’en fonction de la lecture qu’on en fait.»

Le Canton de Zurich a également décidé de ne rien changer. Preuve que la décision du municipal de la Sécurité, Richard Wolff (gauche alternative), polarise, le syndicat des policiers s’y est opposé. Le PLR estime que la mesure risque d’être contre-productive et d’accroître les préjugés. Vent debout contre cette volonté, selon elle, de «cacher sous le tapis» les problèmes, l’UDC ne compte pas laisser faire. Le parti conservateur examine la possibilité d’informer lui-même les citoyens sur l’origine d’un suspect au travers d’une hotline, ou de lancer une initiative populaire.

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