Taxe au sac: Genève est désormais seul à résister

SuisseLe canton du bout du lac n'a toujours pas introduit la taxe au sac. Le Valais tire lui un bilan positif après une dizaine de jours.

Le Valais vient d'introduire cette nouvelle mesure.

Le Valais vient d'introduire cette nouvelle mesure. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Le canton de Genève devient le dernier bastion en Suisse à ne pas avoir opté pour le système de la taxe au sac-poubelle. Le Valais vient de l'introduire et cette solution va prochainement se généraliser au Tessin.

Genève finance l'élimination des déchets à travers l'impôt. Jacques Martelain, directeur du Service de géologie, des sols et des déchets au Département genevois de l'environnement, des transports et de l'agriculture (DETA), est conscient que cette politique présente le défaut de ne pas être directement incitative pour la population.

Elle doit pour cette raison s'accompagner d'un travail de sensibilisation indispensable pour déployer une certaine efficacité. Selon M. Martelain, il fait peu de doutes que le système genevois ne rencontrerait pas l'approbation du Tribunal fédéral. Mais à ce jour, les juges de Mon Repos ne l'ont pas invalidé.

Pas de catastrophes

L'absence de taxe au sac-poubelle sur le territoire genevois n'a jusqu'à présent pas généré d'incidents ou de catastrophes. Plusieurs cas d'incivilité de la part de pendulaires en provenance du canton de Vaud ont été signalés, mais rien de très grave, a fait remarquer M. Martelain.

L'actuelle politique genevoise de gestion des déchets est en vigueur depuis 1999. Les autorités en tirent un bilan positif. Le taux de recyclage a progressé d'un point par année et se situait à 47% en 2016, soit très près du seuil de 50% de tri, en moyenne, dans le reste de la Confédération.

Selon M. Martelain, Genève est en passe de faire la démonstration qu'on peut obtenir des résultats aussi bons qu'en moyenne suisse «sans devoir imposer une taxe poubelle à sa population et en évitant les effets pervers de celle-ci».

Bilan positif en Valais

Le Valais s'est rapidement fait à l'introduction des sacs de poubelle taxés. Une dizaine de jour après la mise en place de cette nouvelle mesure, les sacs noirs ont été largement remplacés par les blancs.

Actuellement, environ 80% des sacs en provenance des stations touristiques sont noirs. Pour les communes de plaine, la proportion est inverse, estime le directeur de l'usine de traitement des ordures (UTO) d'Uvrier (VS) Bertrand Yerly. Et la situation va encore s'améliorer.

Le nombre important de touristes dans les stations explique qu'il y a encore beaucoup de sacs non taxés en provenance de la montagne. M. Yerly pense que le changement sera visible dès les prochaines vacances en février en ce qui concerne la montagne.

Volume proche de la normale

Le volume global d'ordures traitées par l'usine, qui recueille les déchets des communes du Valais central, est proche de la normale. Il y a eu un pic lors du premier ramassage de l'année, précise M. Yerly. L'UTO a reçu 520 tonnes d'ordures, deux fois plus qu'au premier ramassage de l'an dernier.

L'introduction de la taxe au sac ne joue pourtant pas le rôle principal dans ce phénomène. Selon M. Yerly, le facteur prépondérant est l'accumulation de jours sans ramassage. Le 1er janvier est férié, il est tombé sur un lundi. Les ordures de trois jours, en période de fête, se sont amassées.

Les ramassages suivants ont été plus faibles. Sur l'ensemble de la première semaine, une centaine de tonnes de plus de déchets a été collectée par rapport à la première semaine de 2017. D'autres facteurs que la taxe au sac ont aussi contribué à cette augmentation.

L'arrivée précoce de la neige a provoqué un arrêt de nombreux chantiers. Le volume de déchets de chantiers est moins conséquent que l'an dernier. En revanche, la neige, encore, a amené davantage de touristes, et donc davantage d'ordures, explique M. Yerly.

Habitués au tri

Le directeur de l'UTO ne conteste pas que le passage à la taxe au sac provoque un certain «débarrassage» de la part des usagers. Mais globalement, la situation ne change guère pour les habitants. Les Valaisans sont déjà habitués au tri. Dans la plupart des communes, des centres de tri sont installés depuis plusieurs années.

Il faudra attendre le mois de juin pour tirer un véritable premier bilan. Une diminution du nombre de sacs est à attendre, estime M. Yerly. Mais pas dans la même mesure que d'autres cantons qui ont introduit simultanément la taxe au sac et le tri des déchets. Ils ont connu des baisses de 40% du volume d'ordures ménagères, ce sera certainement moins en Valais.

Comme toujours, il y aura des récalcitrants. Les réfractaires à la nouvelle taxe qui continueront à jeter des sacs noirs dans les conteneurs. Les communes ont promis de veiller au grain et de sanctionner les tricheurs. Durement le cas échéant puisque les amendes peuvent aller jusqu'à 10'000 francs, de quoi acheter des sacs pour toute une vie.

Seule commune à avoir renoncé à la taxe au sac, Monthey sera aussi attentive. Les non-résidents ne peuvent pas déposer de sacs, il y aura une surveillance, précise Céline Monay, responsable de la communication de la commune. Pour le moment, la commune ne dispose pas de chiffres, mais visuellement, il ne semble pas y avoir de tourisme de déchets.

(ats/nxp)

Créé: 12.01.2018, 11h02

Articles en relation

Bilan «très positif» après cinq ans de taxe au sac à Lausanne

Environnement Le nombre de tonnes de déchets incinérables a drastiquement chuté depuis l'introduction des sacs taxés en janvier 2013. Plus...

Le Valais romand dévoile son sac poubelle taxé

Valais L'association en charge du projet a dévoilé lundi le «design» aux couleurs valaisannes des futurs sacs taxés qui arriveront en 2018. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.