«Il était temps, la Suisse est montrée du doigt!»

Prostitution des mineursLe projet de loi visant à punir les clients des prostitués de 16 ou 17 ans est prêt. Le Genevois Luc Barthassat estime que la Suisse traîne les pieds dans ce dossier. Interview.

Luc Barthassat s’est battu pour obtenir cette interdiction.

Luc Barthassat s’est battu pour obtenir cette interdiction. Image: Keystone

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Les faveurs sexuelles tarifées avec des mineurs de moins de 18 ans seront désormais punissables. Jusqu’à présent, la Suisse faisait office d’anomalie en autorisant encore la prostitution des jeunes dès 16 ans.

Le Conseil fédéral a transmis un projet de révision du Code pénal aux Chambres fédérales cette semaine. Dans les faits, la Suisse va rejoindre les dispositions de la convention du Conseil de l’Europe sur la protection des enfants et contre les abus sexuels. Questions au conseiller national Luc Barthassat (PDC/GE), qui s’est battu pour obtenir cette interdiction.

La Suisse agit contre la prostitution des mineurs. Satisfait?

Luc Barthassat : C’est une vraie bonne nouvelle, bien sûr. Mais j’ai envie de dire: enfin! Pourquoi avoir tellement traîné les pieds avant de régler cette situation? On sait que c'est un problème immense. Il en va de la protection des jeunes. Ma première motion datait de 2008, puis il y a eu une initiative parlementaire en 2010. Nous avons demandé de faire vite, or les choses vont trop lentement.

N’est-ce pas normal de prendre un minimum de temps pour réformer le Code pénal?

Mais le problème est urgent! En quelques années il s’est développé un tourisme sexuel des mineurs chez nous, avec des clients européens qui viennent pour ce genre de services. Lorsque j’ai déposé ma motion, certains à Zurich riaient doucement. Mais lorsque Genève a interdit la pratique, les chiffres zurichois ont augmenté et ils ne rient plus. J’ai l’impression qu’on a traîné pendant que ce problème nous explosait à la figure. La Suisse est maintenant montrée du doigt.

Faudrait-il aller plus loin et interdire le racolage et le proxénétisme tout court, comme dans certains pays d’Europe ?

Je ne crois pas. Nous devons faire le nécessaire pour combattre les bandes organisées et empêcher la traite et l’exploitation. Mais à partir du moment où une personne majeure et vaccinée se prostitue, cela relève d’un choix personnel.

On sait que ce genre d’activité peut entraîner des problèmes sérieux à la longue, mais l’interdire serait une mauvaise solution. On voit que la condamnation du racolage et du proxénétisme en France est totalement contre-productive : cela crée des zones de non-droit, où il est encore plus difficile de contrôler ce qui se passe. L’encadrement, comme il se fait notamment à Genève, me semble idéal.

Créé: 04.07.2012, 16h36

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