Les terroristes changent nos rêves de voyage

TourismeLes Suisses optent pour les plus petites villes et dédaignent les capitales, les pays du Nord plutôt que la mer Rouge.

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Les Suisses restent-ils cloîtrés chez eux depuis que le nombre de pays sûrs où ils peuvent passer leurs vacances se réduit comme peau de chagrin? Non, répondent en chœur les trois plus grands voyagistes suisses que sont Hotelplan, Kuoni et TUI, très occupés ces jours à mettre la dernière touche à leurs offres pour la saison d’été, adaptées à la situation actuelle bien particulière.

«Il est évident que les Suisses se font du souci. On perçoit beaucoup d’incertitudes chez nos clients», indique Marcel Schlatter, porte-parole de Kuoni Suisse racheté cet automne par le groupe allemand REWE. «Mais ils ne restent pas pour autant figés, ils font preuve d’une grande capacité d’adaptation et ont tout simplement changé de destinations de vacances habituelles, poursuit Marcel Schlatter. Actuellement, les destinations où nous notons le plus grand nombre de réservations sont l’Espagne et les îles Canaries, les Etats-Unis et la Thaïlande.»

Même son de cloche du côté du leader du marché suisse, Hotelplan. La filiale du groupe Migros a dévoilé ce lundi matin aux médias que les Suisses sont en train de réserver en grand nombre leurs prochaines vacances à destination des Etats-Unis et de la Thaïlande. Les trois pays qui «montent» aussi sont Cuba, l’Afrique du Sud et la Norvège.

«Sur l’année 2015, qui touche à sa fin, les trois destinations les plus importantes en termes de recettes étaient pour nous l’Espagne, les Etats-Unis et la Grèce, relève Kurt Eberhard, directeur d’Hotelplan Suisse. Celles qui ont le plus attiré de passagers étaient aussi l’Espagne, puis la Grèce, et l’Allemagne, à cause de son importante offre en parcs d’attractions.»

Le voyagiste note une autre tendance: «De façon générale, et à cause des attentats de Paris, on remarque que les touristes suisses cherchent à visiter plutôt des petites villes que des mégalopoles comme la capitale française ou Londres. Ils privilégient aussi les pays du Nord, jugés plus sûrs, comme la Norvège, la Finlande, et les pays d’Amérique du Nord. Ils se rendent aussi à nouveau en Afrique (Namibie, Afrique du Sud, Tanzanie), l’épidémie d’Ebola étant terminée.»

Effondrement en Egypte

Destinations autrefois extrêmement prisées des Suisses, l’Egypte, avec son accès à la mer Rouge, ainsi que la Tunisie ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. Hotelplan a ainsi dévoilé ce lundi «cesser de vendre des billets à destination de Charm el-Cheikh du 15 janvier au 11 mars, à cause de l’absence de clients», selon le directeur. Les vols charters sont aussi «stoppés vers Marsa Alam du 17 janvier au 6 mars, tandis que l’offre pour Hurghada dépend de celle d’Air Berlin, la compagnie avec laquelle Hotelplan dessert cette troisième destination sur la mer Rouge». TUI Suisse avait déjà pris les devants et annoncé il y a quelques jours cesser ses vols vers Charm el-Cheikh du 27 novembre au 31 janvier, suite à l’attentat commis contre l’Airbus russe. Kuoni, pour sa part, indique que la «Tunisie est une destination actuellement morte».

Hormis le Maroc et les Emirats qui servent aussi de passerelle vers l’Asie, «les vols vers les autres pays du Nord de l’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient se sont effondrés», poursuit Hotelplan. En une année, les réservations ont chuté «de moitié en Egypte et d’un tiers en Turquie», indique encore Tim Bachmann, chef des destinations moyen-courriers de la filiale de Migros.

Créé: 15.12.2015, 07h54

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Recommandations fédérales

Dans quels pays subsistent les risques les plus importants de terrorisme, d’enlèvement ou encore de maladies graves et le plus souvent mortelles (type Ebola) pour les ressortissants suisses? Quelles sont les zones à éviter lorsqu’on souhaite aller faire un peu de tourisme hors de Suisse?

Pour toutes ces questions touchant essentiellement à la sécurité personnelle du voyageur, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) se charge de fournir des recommandations aux touristes helvétiques. Excepté quelques pays clairement déconseillés comme l’Irak, la Syrie ou encore l’Afghanistan, le DFAE a toutefois tendance à rester très évasif dans ses positions. Si chaque pays fait l’objet d’une «appréciation spécifique», Berne a choisi de n’établir ni échelle de risques ni liste noire des pays. «Vu l’impossibilité de prévoir un attentat, une telle mesure serait disproportionnée. Elle aiderait en outre les terroristes à atteindre leur objectif qui est d’alimenter la peur et l’insécurité», donne pour justification le DFAE.

Conséquence: il est extrêmement complexe, sur ses seules analyses, de concevoir une carte du monde semblable à celle réalisée par le Ministère français des affaires étrangères pour ses compatriotes (voir infographie) .

A l’instar des appréciations établies par le Quai d’Orsay, celles du
Département fédéral des affaires étrangères sont d’une grande finesse puisqu’elles évaluent le risque zone par zone et non pas uniquement pays par pays. La Confédération franchit même un pas de plus à l’aide de rubriques se concentrant sur une problématique spécifique. En l’occurrence, il s’agit actuellement d’évoquer les soucis que continuent de poser la piraterie maritime, l’épidémie d’Ebola (maladie infectieuse mortelle) ou encore les risques élevés d’enlèvement au Sahara.

En France, comme en Suisse, les autorités rappellent qu’elles se contentent de fournir des conseils et qu’elles ne peuvent interdire à quelqu’un de pénétrer dans une zone jugée dangereuse. «Nous ne pouvons ni décider ni assumer pour les touristes la responsabilité de la préparation et de la réalisation du voyage», estime-t-on à Berne. Olivier Wurlod

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