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Ces tests qui servent à détecter le sexe du fœtus

Des tests sanguins permettent de connaître le sexe du foetus. Et ainsi d'avorter le cas échéant. La commission d'éthique n'y voit pas de problème.

En Suisse, il est possible d'avorter jusqu'à 12e semaine.
En Suisse, il est possible d'avorter jusqu'à 12e semaine.
Keystone

La Suisse interdit de mener des tests prénataux visant à déterminer le sexe des embryons et des fœtus «dans un but autre qu'un diagnostic». L'article 11 de la Loi fédérale sur l'analyse génétique humaine est très clair à ce sujet. Mais une nouvelle génération de tests sanguins ouvre une brèche, comme le rapporte le Tages-Anzeiger dans son édition du 3 mars 2017.

Ces tests sont normalement destinés à détecter des maladies génétiques comme la trisomie 21 mais ils permettent également de savoir quel est le sexe de l'embryon ou du fœtus à partir de la dixième semaine. Une femme peut ainsi avorter avant la limite légale de 12 semaines si la découverte ne lui plaît pas.

Opposition éthique

Pour cette raison, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) proposera à l'été une révision de la loi qui interdira aux docteurs de communiquer toute information sur le sexe avant la 12e semaine. Une interdiction qui n'a pas plu à la Commission nationale d’éthique dans le domaine de la médecine humaine (CNE).

Elle estime en effet que cette disposition représente une immixtion dans l'autonomie de reproduction d'un couple et qu'elle ne se justifie pas, puisque l'article 11 donne déjà suffisamment de gages.

Une loi semblable en Allemagne

Près de 10'000 avortements ont lieu en Suisse chaque année mais il n'existe aucune donnée sur les raisons. Selon Daniel Surbek, gynécologue à l'hôpital de l'Ile à Berne, on peut estimer à une centaine le nombre dû à un choix du sexe. Ils sont principalement le fait de personnes provenant d'autres milieux culturels où la naissance d'un fils ou d'une fille est différemment perçue.

Il n'approuve pas la position de la CNE, rappelant que l'Allemagne dispose déjà d'une loi interdisant toute information sur le sexe de l'enfant avant la 12e semaine.

Un test qui coûte 1000 francs

Les tests en question sont disponibles depuis un peu plus de quatre ans en Suisse. Ils sont exécutés par des laboratoires spécialisés sur mandat du gynécologue. Ils s'appliquent dans 10 à 20% des grossesses et coûtent environ 1000 francs. Et la constatation du sexe fait partie de la procédure.

A ce stade, seul le gynécologue en est informé. C'est une information importante pour eux car elle contribue à juger de la qualité de l'image en ultrason. Mais Anita Rauch, directrice de l'institut de génétique médicale à l'Université de Zurich, ne croit pas que cette nouvelle soit utilisée pour demander des avortements. «Presque tous les parents veulent connaître le sexe de leur enfant. Cela ne signifie pas qu'ils le font pour envisager un avortement.»

Connaissance de cas

Roland Spiegel, directeur scientifique du laboratoire Genetica à Zürich, est toutefois conscient des risques. «Avec ces nouveaux tests, le seuil de tolérance a certainement baissé, mais je ne peux pas parler de tendance.» A ses yeux, ces tests ne peuvent avoir comme objectif que de s'assurer de la bonne santé du fœtus.

Mais il a eu connaissance de cas portant sur des sélections. «Les quelques exemples qui nous sont parvenus concernent des personnes qui en cas de grossesse demandent de nouveau un test alors qu'il n'y a pas de signe de fausse couche.»

La CNE s'explique

La CNE a également eu vent de tels cas, a confirmé son président Markus Zimmermann, professeur d'éthique théologique à l'Université de Fribourg. «Mais ils ne justifient pas une interdiction.» Pour la Commission, le fait que ce soit une personne ou l'Etat qui prenne cette décision fait toute la différence.

«Je trouve préoccupant que ce soit le législateur qui décide si on peut avorter ou non parce que c'est une fille mais autorise l'opération si le foetus présente des caractéristiques génétiques non-voulues», souligne le professeur.

Le patient y a droit

Même les médecins sont divisés. Si Daniel Surbek soutient une interdiction de dévoiler le sexe, d'autres comme André Seidenberg à Zurich approuve la position de la CNE. «L'Etat doit intervenir aussi peu que possible dans le libre-choix des citoyens», explique le praticien qui assure chaque année près de 300 avortements.

Il ne voit aucun danger pour la société car la sélection des sexes reste une pratique marginale. Et une interdiction poserait un problème car en principe, un patient a droit à toutes les informations le concernant.

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