«Ce texte menace notre place économique»

Primauté du droit suisseEconomieSuisse fustige l’initiative UDC «contre les juges étrangers». Elle s’inquiète d’un isolement du pays sur la scène internationale.

Pour Monika Rühl, directrice d'Economiesuisse, le droit international est important pour une économie ouverte comme le Suisse.

Pour Monika Rühl, directrice d'Economiesuisse, le droit international est important pour une économie ouverte comme le Suisse.

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L’initiative pour l’autodétermination veut faire primer le droit suisse sur le droit international. Depuis le lancement du texte, plusieurs détracteurs dénoncent une atteinte aux droits de l’homme. Alors que la votation n'aura pas lieu avant 2018, EconomieSuisse rappelle ce jeudi - avis de droit à l’appui - que le texte aurait aussi des conséquences négatives pour l’économie en raison de l’insécurité juridique qu’il fait planer. Interview de sa directrice, Monika Rühl.

- Peut-on vraiment faire le lien entre insécurité juridique et problèmes pour l’économie?
- L’insécurité en soit est un problème pour l’économie. Les entreprises recherchent la sécurité juridique, elles ont besoin de savoir sur quelles conditions-cadres elles peuvent compter pour planifier leur développement. C’est là tout le problème de cette initiative. Elles posent plus de questions qu’elle n’en résout. Ce n’est pas étonnant puisque le texte est lui-même contradictoire.

- Vous évoquez à nouveau le spectre des pertes d’emplois en cas d’acceptation du texte. Or, on l’a vu avec la RIE III, les menaces, ça ne marche pas…
- Cette initiative risque de remettre en question les 600 traités internationaux dans le domaine économique, dont la Suisse dispose actuellement. Il y a parmi eux des accords de libre-échange qui nous donnent accès aux marchés étrangers, des accords sur la protection des investissements ou qui protègent la propriété intellectuelle. Ce qui est important pour la pharma, l’horlogerie ou l’industrie des machines. Même notre appartenance à l’OMC serait concernée, alors qu’il s’agit d’une des bases de notre politique économique extérieure. Nous ne voulons pas prendre le risque de tout remettre en question.

- Quelles seraient les conséquences pour les bilatérales?
- Les accords bilatéraux font partie des traités internationaux qui seraient directement visés. Cette initiative ne ferait que compliquer les négociations avec l’Union européenne. L’UE qui est - je le rappelle - notre partenaire commercial le plus important.

- Ce n’est pas la première fois qu’une initiative UDC vous pose des problèmes, pourquoi ne pas prendre vos distances avec ce parti?
- Je ne vois aucune raison de couper les liens avec un parti politique, quel qu’il soit. Ce que nous combattons, ce n’est pas l’UDC, mais certaines de ses initiatives.

Créé: 06.04.2017, 15h00

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