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Canton de LucerneThérapie stationnaire pour un meurtre en clinique

Un père de famille kosovar avait tué son camarade de chambre dans la clinique psychiatrique de St. Urban (LU). Reconnu irresponsable, il devra suivre une thérapie stationnaire.

Le meurtre avait eu lieu à la clinique psychiatrique de St. Urban (LU) en avril 2017.
Le meurtre avait eu lieu à la clinique psychiatrique de St. Urban (LU) en avril 2017.
Keystone

Le patient qui a tué son camarade de chambre en avril 2017 dans la clinique psychiatrique de St. Urban (LU) n'est pas responsable de ses actes. La justice lucernoise a prononcé mardi le placement de cet homme schizophrène de 36 ans en thérapie stationnaire.

Père de famille adepte de kick-boxing, le grutier de nationalité kosovare s'était toujours illustré par son calme et sa gentillesse, jamais par un comportement violent. Quelques mois avant le drame, il s'était rendu à deux reprises chez le médecin pour évoquer ses problèmes psychiques. Il est finalement entré en clinique après avoir perdu son emploi.

Le drame dès la première nuit

Durant sa première nuit en clinique, alors que son camarade de chambre – un homme de 85 ans – ronflait, il a été pris d'une peur de mourir. Deux voix intérieures ont signalé à l'accusé que l'octogénaire n'était autre que Satan et que sa dernière heure avait sonné si cette «créature» se levait de son lit.

Lorsque le vieil homme a tenté de se lever, le trentenaire s'est donc immédiatement jeté sur lui, comme possédé, a-t-il déclaré à la Cour. Et d'ajouter qu'il n'a jamais eu l'intention de tuer son camarade de chambre. La victime a été rouée de coups de poing et de coups de pied. Elle n'a pas survécu.

La Cour criminelle de Lucerne a toutefois suivi le réquisitoire du procureur. Ce dernier demandait que le chef d'accusation de meurtre soit retenu contre l'accusé tout en reconnaissant son irresponsabilité.

Pas de thérapie ambulatoire

La défense avait, elle, demandé en vain de ne pas condamner le prévenu pour meurtre, celui-ci n'ayant pas eu la maîtrise de lui-même et n'ayant pas pris la victime pour un être humain, mais pour le diable. L'avocat du trentenaire avait aussi réclamé que son client soit placé en thérapie ambulatoire et non pas stationnaire.

Or, la grave schizophrénie paranoïaque dont souffre le prévenu ne permet pas un traitement ambulatoire, selon l'expertise psychiatrique. Même si le principal intéressé souhaite lui-même suivre une telle thérapie et qu'il peut être traité, le risque de récidive est trop important sous forme ambulatoire.

Le tribunal a donc opté pour une thérapie stationnaire. Le prévenu s'y trouve déjà depuis deux ans. La thérapie se déroule bien. Il en sortira lorsqu'il ne représentera plus aucun danger pour autrui.

La défense s'en est pris, en outre, à l'établissement psychiatrique. Elle estime que le drame aurait pu être évité si le trentenaire y avait été enregistré et encadré «de manière professionnelle». La Cour a toutefois rejeté sa demande d'infliger les réparations pour tort moral à la clinique plutôt qu'à l'accusé.

ats

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