Tigres tamouls bientôt jugés à Bellinzone

SuisseTreize personnes doivent répondre d'extorsion, de blanchiment, de faux dans les titres et d'escroquerie, en plus de la participation à une organisation criminelle.

Le Tribunal pénal fédéral mettra un terme à une affaire lancée en 2011.

Le Tribunal pénal fédéral mettra un terme à une affaire lancée en 2011. Image: Keystone

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Le procès de treize personnes accusées d'avoir soutenu pendant des années l'organisation des Tigres tamouls s'ouvrira le 6 juin prochain à Bellinzone. Il devrait durer de longues semaines et s'achever fin juillet.

Les prévenus sont domiciliés en Suisse, en Allemagne et au Sri Lanka. Ils sont accusés d'avoir mis sur pied une organisation complexe destinée à soutenir financièrement le mouvement indépendantiste tamoul des Tigres de libération (LTTE).

Les activités illicites auraient duré une dizaine d'années, entre 1999 et 2009. Près de quinze millions de francs auraient été levés parmi la diaspora tamoule par le biais d'un système de crédit à la consommation sophistiqué. Dans son acte d'accusation, le Ministère public de la Confédération a retenu les infractions d'extorsion, de blanchiment, de faux dans les titres et d'escroquerie, en plus de la participation à une organisation criminelle.

Petits crédits frauduleux

Les prévenus sont suspectés d'avoir utilisé des tiers agissant comme prête-noms pour conclure des contrats de petits crédits frauduleux sur la base de fausses informations. Pour tromper les instituts bancaires sur les possibilités financières réelles des emprunteurs, de faux certificats de salaire auraient été établis et utilisés par deux intermédiaires financiers.

Les crédits auraient ensuite été transportés en liquide par des courriers vers Singapour et Dubaï. Ce système de financement, destiné à soutenir les Liberation Tigers of Tamil Eelam (LTTE), s'est effondré en 2009, après la défaite militaire de l'organisation.

Razzia et arrestations

Le volet suisse de cette affaire avait été marqué, en 2011, par une vaste razzia, menée dans une dizaine de cantons. Cette opération avait donné lieu à des perquisitions et à l'arrestation de plusieurs suspects, libérés dans les deux mois qui avaient suivi.

Une année plus tard, en septembre 2012, l'enquête avait débouché sur une importante commission rogatoire. Une délégation du Ministère public de la Confédération et de la Police judiciaire fédérale (PJF) s'était rendue au Sri Lanka pour interroger une quinzaine de témoins.

Les LTTE ont lutté durant 37 ans pour l'indépendance du nord-est du Sri Lanka, peuplé en majorité de Tamouls, jusqu'à la mort de leur chef charismatique, Vellupillai Prhabakaran en mai 2009. Le conflit a fait près de 100'000 victimes. (ats/nxp)

Créé: 12.05.2017, 07h22

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