«Le tourisme suisse a atteint le creux de la vague»

Franc fortL'hôtellerie suisse a enregistré 0,3% de nuitées en moins sur un an en 2016. Entretien avec Jürg Schmid, directeur de Suisse Tourisme.

Jürg Schmid, directeur de Suisse Tourisme.

Jürg Schmid, directeur de Suisse Tourisme. Image: Keystone

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–Jürg Schmid, vous estimez que l’impact du franc fort sur le tourisme helvétique est surmonté. Qu’est-ce qui nourrit cet optimisme?

Il y a plusieurs raisons qui nous permettent de croire que cette année nous assisterons à une augmentation du nombre de touristes en provenance de l’Europe. D’abord, l’économie européenne donne des signes positifs de croissance. Ensuite, la valeur du franc s’est stabilisée par rapport à l’euro, ce qui est très important pour les voyageurs. A cela s’ajoute que les hôteliers ont baissé leurs prix ou inclus des prestations supplémentaires dans leur offre. Enfin, après avoir baissé de près 30% ces sept dernières années, le nombre de touristes ne peut pas descendre plus bas. Nous avons atteint le creux de la vague.

–Les nuitées chinoises ont enregistré en 2016 un important recul (-18%) après des années de forte croissance. Ça vous inquiète?

Non, car nous connaissons les raisons de cette baisse: les attentats terroristes qui ont eu lieu en Europe. Les Chinois lorsqu’ils viennent ici visitent la France, la Suisse et l’Italie. Les inquiétudes sur la sécurité dans l’Hexagone se sont répercutées sur leur venue en Suisse. On ne sait pas comment la situation va évoluer, mais si elle se stabilise on observera une croissance. C’est ce que nous espérons et les réservations chinoises pour l’été prochain sont déjà élevées. A l’heure actuelle nous sommes donc optimistes, même si le niveau de croissance ne sera pas celui des années précédentes.

–En 2017, les nuitées devraient augmenter de 1% selon les projections. Cela vous satisfait?

Avec 1% on ne peut être satisfait. Mais après plusieurs années de recul, c’est déjà bien. Il faut être réaliste. Le point positif, c’est que le tourisme alpin et urbain est en train de retrouver le chemin de croissance.

–La promotion touristique helvétique célèbre en 2017 son centenaire. Les difficultés rencontrées ces dernières années sont-elles parmi les plus sévères de l’histoire du tourisme suisse?

En dehors des périodes de guerre, on peut dire que cette période est particulièrement difficile. La Suisse a toujours été chère pour les voyageurs, mais cette fois l’appréciation du franc a été très abrupte. Celui-ci s’est pratiquement apprécié de 25% d’un jour à l’autre. Ça a été très difficile à digérer, il faut du temps pour s’adapter.

Créé: 21.02.2017, 15h31

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