«Le train est devenu trop cher par rapport à la voiture»

Surveillance des prixStefan Meierhans, alias M. Prix, souligne que les dépenses pour les services de transport sont croissantes.

«Que des prestataires du service public n’appliquent pas une baisse d’impôt est incompréhensible», critique Stefan Meierhans alias Monsieur Prix.

«Que des prestataires du service public n’appliquent pas une baisse d’impôt est incompréhensible», critique Stefan Meierhans alias Monsieur Prix. Image: Keystone

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Les transports publics sont une préoccupation majeure des Suisses, avec la santé. À l’occasion de son bilan annuel, ce lundi à Berne, le Surveillant des prix a souligné que les mesures prises avec les CFF l’an dernier ont permis des réductions de prix et des avantages pouvant aller jusqu’à 80 millions de francs. Mais les Suisses sont nombreux à trouver les tarifs trop élevés.

Stefan Meierhans, alias Monsieur Prix, estime lui aussi que les entreprises de transport, en particulier celles actives au niveau local, pourraient en faire plus. Il fait le point avec nous.

Les transports publics coûtent-ils trop cher en Suisse?
Le train est devenu cher par rapport à la voiture, dont le coût a baissé. Il est vrai que nous avons une offre fantastique avec la possibilité d’atteindre des vallées lointaines, et cela a un prix. Mais les pendulaires veulent – et doivent – surtout voyager d’un point A à un point B. Du point de vue financier, il vaut parfois la peine de privilégier l’automobile si l’on est deux ou plus. Ceci est encore plus vrai que les statistiques démontrent des dépenses croissantes pour les services de transport, tandis que celles pour l’achat et l’utilisation du véhicule privé ont baissé.

Quel serait selon vous le «prix juste»?
C’est extrêmement difficile à dire, car il faut avant tout comparer les tarifs des transports publics avec ceux d’autres formes de mobilité. Mais il ne faudra certainement pas augmenter les prix! Le but est d’attirer les gens vers les transports en commun, ce qui répond également aux objectifs environnementaux du Conseil fédéral. On n’y parviendra pas si le covoiturage est meilleur marché.

Qu’en est-il des billets dégriffés?
Nous avons conclu un règlement à l’amiable avec les CFF qui prévoyait un certain nombre de billets dégriffés. En outre, les CFF ont augmenté l’an dernier l’offre de ces billets en vue d’un résultat financier meilleur que prévu. Actuellement, nous sommes en négociations avec les CFF afin de définir comment rembourser le «trop payé» de 2018. Nous ne nous focalisons plus tellement sur les billets dégriffés, mais également sur des mesures davantage destinées à ceux qui ont payé trop en 2018.

Si le bénéfice des CFF est trop élevé, ne faut-il pas baisser les prix?
Ce n’est pas si simple. Nous avons en Suisse un système de tarif unique dans les transports publics qui permet au consommateur d’acheter un billet jusqu’à sa destination. Il y a en Suisse quelque 200 entreprises de transport. Sans cette solution, les usagers devraient souvent se munir de plusieurs billets pour un seul voyage. Mais toutes les entreprises n’ont pas la même rentabilité et si l’on baissait le prix au kilomètre de façon linéaire, certaines d’entre elles seraient pénalisées à tort, du moins sans mesures de compensation. Il est donc plus facile de trouver d’autres moyens pour rembourser le public là où il paie trop. Cela dit, nous avons réussi à baisser les tarifs du service direct de 1% l’an dernier.

À quoi cette réduction correspond-elle?
Elle a été décidée pour répercuter la baisse de 0,3 point de la TVA. Je trouvais les tarifs trop élevés, et cette discussion a été l’occasion de faire un petit pas supplémentaire.

Les communautés tarifaires, elles, n’ont pas suivi.
Contrairement aux CFF, la majeure partie des communautés tarifaires n’ont en effet pas répercuté cette baisse du taux de TVA. Ce n’est pas fair-play. Suite à nos discussions, quelques-unes ont accepté de bouger. Nous allons continuer de faire pression sur les autres. Je déplore surtout que la plupart des communautés tarifaires ne proposent pas de billets dégriffés, comme le font les CFF.

Les mesures prises en 2018 pour baisser les prix des transports ne sont-elles pas des mesurettes?
Pensez aux billets dégriffés, qui permettent des rabais allant jusqu’à 70%. Cette solution est populaire. J’ai eu de nombreuses réactions positives. Elle est avantageuse pour les voyageurs qui gardent un œil sur les prix et peuvent adapter leur horaire de départ. C’est aussi la mesure la plus facile à mettre en place, car elle est également intéressante pour les entreprises. Celles-ci peuvent ainsi attirer les usagers vers des heures moins fréquentées. En revanche, elle ne profite pas aux clients les plus fidèles, les pendulaires.

Que faire pour eux?
Je mène actuellement des négociations avec les CFF pour définir de telles mesures, sur lesquelles je ne peux pas m’exprimer.

Des aménagements ferroviaires sont prévus et le Conseil fédéral n’exclut pas une plus grande participation des usagers à leur financement. De 2025 à 2035, les tarifs pourraient augmenter de 3 à 5%. Est-ce justifié?
J’ai toujours dit qu’il fallait être conscients du fait que des investissements allaient entraîner des coûts supplémentaires. La décision d’agir a été une décision politique. J’espère qu’au final, elle ne va pas nuire aux transports publics. Pour ce qui est des prix, l’Office fédéral des transports propose ce lundi de réduire le prix du sillon d’environ 90 millions de francs par an dès 2021. Le but est que ces économies soient répercutées sur les consommateurs. Cela permettra peut-être de contrebalancer les autres frais. (24 heures)

Créé: 04.03.2019, 20h02

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