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Les transports publics, l’enjeu caché de FORTA

Trams, bus et autres métros profiteront aussi du fonds routier. Autogoal des opposants?

FORTA prévoit d'affecter environ 10% des montants aux projets d'agglomération.
FORTA prévoit d'affecter environ 10% des montants aux projets d'agglomération.
AFP

Et si les transports publics étaient les grands gagnants de FORTA? Soumis en votation le 12 février le futur fonds routier ne prévoit pas uniquement de l’argent pour la route, mais il garantit aussi le financement à long terme des projets d’agglomération. Sur les 3 milliards annuels dégagés par le fonds, quelque 390 millions seront investis dans un premier temps dans l’amélioration des infrastructures de transport en milieu urbain. Par la suite, les contributions fédérales devraient atteindre 9 à 12% des dépenses de FORTA.

«On ne vote pas sur des dossiers concrets, mais sur une architecture de financement durable pour les projets routiers et les projets d’agglomérations, précise Olivier Français (PLR/VD), artisan du compromis. Le point fort de FORTA, c’est d’avoir lié les deux. C’est essentiel aussi, car la mobilité se conjugue au pluriel. Aujourd’hui, les routes de contournement sont saturées et on constate un retour de la voiture dans la ville, au détriment des transports publics.» Et le sénateur vaudois de se remémorer les débats. «Ce compromis n’était pas gagné d’avance. Financer des lignes de bus, des trams, des pistes cyclables ou des projets de mobilité piétonne avec l’argent de la route, c’est une pilule qu’il a fallu faire avaler aux milieux routiers.»

Nombreux défis

Une manne bienvenue, car les défis sont nombreux dans ce domaine. Depuis 2008, la Confédération subventionne des projets imaginés par les villes et les cantons: 45 des 55 agglomérations en ont profité. Du coup, l’enveloppe prévue est presque intégralement épuisée. Sur les 6 milliards dont le parlement disposait, 5,8 milliards ont déjà été utilisés. Des contributions qui sont aussi limitées dans le temps, puisqu’elles s’arrêteront en 2027, alors que de nouveaux dossiers parviennent à la Berne fédérale. Pour assurer l’avenir de cette participation financière de la Confédération, il faut de nouvelles bases légales. C’est ce que prévoit justement FORTA, et c’est ce qui pousse notamment l’Union des transports publics à plaider pour un oui le 12 février.

«Alors que les usagers du train paient toujours plus, rouler en voiture est moins cher qu’autrefois. Cette évolution est incohérente avec la politique climatique de la Suisse»

Lisa Mazzone, Conseillère nationale (Verts/GE)

«C’est un immense avantage, confirme Jacques-André Maire (PS/NE), un des frondeurs de gauche qui appelle à soutenir FORTA. Non seulement ce fonds promet de l’argent pour les projets d’agglomération, mais surtout ce financement est pérenne et inscrit dans la Constitution.» Et de citer le M3 lausannois ou les futures lignes de trams à Genève qui pourraient en profiter. Le Neuchâtelois ne cache pas non plus un certain agacement à l’égard des opposants. «On a l’impression que cet argument leur passe à côté, ils restent dans un combat stérile qui oppose le rail et la route, sans voir les bénéfices pour les transports publics. Si on fait la pesée des intérêts, il y a beaucoup plus d’avantages dans FORTA que d’inconvénients, même si le mode de financement n’est pas idéal.»

Une balle dans le pied?

Les opposants seraient-ils en train de se tirer une balle dans le pied? «Pas du tout, rétorque Lisa Mazzone (Verts/GE), porte-drapeau du non en Romandie. Avec 10% des montants destinés aux projets d’agglomération, on est loin d’un fonds pour la mobilité durable. Ce que nous critiquons, c’est le mode de financement, qui puise allègrement dans la caisse fédérale. Alors que les usagers du train paient toujours plus, rouler en voiture est moins cher qu’autrefois. Cette évolution est incohérente avec la politique climatique de la Suisse.»

Un non ne risque-t-il pas de retarder certains projets de mobilité douce? «Depuis le début de cette campagne, les élus de droite vantent les projets d’agglomération, glisse la Genevoise qui est aussi vice-présidente de l’ATE (Association Transports et Environnement). En cas de rejet de FORTA, le parlement pourra donc voter des fonds pour les projets d’agglomération.»

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