Le travail à domicile encore plus contraignant?

SuisseUne motion veut modifier la loi sur le travail pour l'adapter aux travailleurs à domicile. Les syndicats s'inquiètent.

Avec le travail à domicile, la limite avec la vie de famille s'estompe.

Avec le travail à domicile, la limite avec la vie de famille s'estompe. Image: Keystone

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Le travail à domicile est devenu une réalité en Suisse. Mais pour le conseiller national Thierry Burkart (PLR/AG), la loi du travail n'est plus adaptée à cette catégorie socio-professionnelle et il a déposé au début du mois une motion pour y remédier, raconte 20 Minuten dans son édition du 14 décembre.

Le texte est soutenu par 104 conseillers nationaux, dont les présidents des partis Petra Gössi (PLR), Gerhard Pfister (PDC), Albert Rösti (UDC) et Martin Bäumle (Vert'libéraux), souligne le Blick.

Adaptation du droit du travail

Thierry Burkart propose que les employés ne répartissent plus leur charge de travail sur 14 heures mais sur 17 heures par jour. Le conseiller national veut également permettre de travailler «occasionnellement et brièvement» durant la pause obligatoire de 11 heures entre deux jours de travail. Et le travail dominical à domicile ne devrait plus nécessiter d'autorisation spéciale.

Le conseiller national estime que la loi dans sa version actuelle ne tient pas compte des réalités et de la modernisation du monde du travail. «Je veux adapter le temps de travail à la numérisation.» Pas question d'augmenter le temps de travail mais plutôt la flexibilité, précise-t-il.

Nouveaux droits

Des propositions qui consternent les syndicats. La disponibilité sur 17 heures va encore plus précariser et aggraver les conditions des postes déjà peu protégés, s'alarme Corrado Pardini, directeur du département Industrie chez Unia. La protection des travailleurs deviendrait quasi-inexistante et «si cela devait aller aussi loin, on verrait bientôt les personnes obligées de travailler le dimanche».

Il propose des droits spécifiques aux travailleurs à domicile, comme celui de ne pas être atteignable en tout temps. Il appelle donc employeurs et employés à négocier les meilleures solutions possibles.

La peur d'en faire toujours plus

L'Union Patronale Suisse estime de son côté que les craintes de voir des travailleurs à domicile exploités ne sont pas justifiées. «Les clauses de protection dans la loi sur le travail sont toujours valables avec cette motion. Mais celle-ci correspond davantage aux exigences actuelles des employés et des employeurs», ajoute Daniella Lützelschwab, directrice du département Marché et droit du travail.

Andrea Ruh Woodtli, coach et conseillère, juge également qu'une loi modifiée représente une opportunité pour concilier travail et vie de famille. Pour autant que les limites soient claires. «Il y a toujours le danger de trop en faire parce que nous avons plus de temps à disposition pour travailler.» Et de citer des travailleurs à temps partiel qui accumulent les heures par motivation ou peur de perdre leur place.

Créé: 14.12.2016, 09h57

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