La traversée du lac en ferry refait surface

Grand GenèvePorté par l'ancien patron des TPG, le projet a pris des allures de serpent de mer. Céligny et Chens-sur-Léman n'ont pas eu de contact depuis plus d'un an.

Deux lacs, un bac, à gauche le projet qui pourrait relier Céligny et Chens-sur-Léman. A droite, le ferry qui fonctionne depuis 1930 entre Horgen et Meilen sur le lac de Zurich. Les deux cartes sont approximativement à l'échelle.

Deux lacs, un bac, à gauche le projet qui pourrait relier Céligny et Chens-sur-Léman. A droite, le ferry qui fonctionne depuis 1930 entre Horgen et Meilen sur le lac de Zurich. Les deux cartes sont approximativement à l'échelle. Image: DR/Google

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Au lendemain du vote des Genevois favorable au principe d'une grande traversée du lac devant relier en 2030 l'autoroute A1 à l'autoroute blanche, en passant sur ou sous le lac, du Vengeron à Collonge-Bellerive, La Côte ressort le dossier d'un bac entre Céligny et Chens-sur-Léman. Le titre qui barre la première page du quotidien nyonnais est toutefois ponctué d'un point d'interrogation.

Pascale Moriaud, maire de Chens-sur-Léaman, tombe des nues. «J'ai lu l'article mais je ne suis au courant de rien. Nous avons reçu les promoteurs de ce projet, qui nous séduit sur le principe, une seule fois seulement au printemps 2015. J'avais alors tenu au courant mon Conseil municipal. Les promoteurs avaient alors approché d'autres communes dont Messery. D'emblée j'ai émis quelques réserves, explique la magistrate. Le port d'embarquement et de stationnement des voitures exigerait de bétonner 2500 mètres carrés. Je sais aussi que le préfet a opposé des réserves, notamment en raison de la présence à proximité du port d'un village lacustre immergé. Le site palafitte de Tougues datant de l'âge du bronze (environ mille ans avant notre ère) est même inscrit à l'Unesco.»

Le oui mais de Céligny

A Céligny, même étonnement. Lundi, Madame la maire Béatrice Mériboute a été sommée par quelques concitoyens de s'expliquer. Ses réponses sont les mêmes que celles de sa collègue de Chens: rien de nouveau depuis plus d'un an. La magistrate de l'enclave genevoise en Pays de Vaud, répertoriée possession de la ville depuis l'an 1200, reste favorable à une meilleure exploitation du lac pour le transport des personnes. Elle se demande toutefois si Céligny est bien le meilleur point d'ancrage d'un bac. La gare n'est plus une halte sur le RER lémanique, fait-elle remarquer. Les habitants doivent prendre le bus pour rallier Nyon ou Coppet. Dérouter ce bus pour desservir le port ne sera pas facile à faire accepter aux habitants.

Aucun soutien du Canton de Genève

Du côté de l'Etat de Genève, le département de l’environnement et des transports dit être toujours en contact avec les promoteurs du bac. La communauté tarifaire Unireso, « ne s'intéressera le cas échéant à l'intégrer dans un billet unique que lorsque la ligne sera opérationnelle», dit son directeur Rémy Burri. Quant à la Compagnie générale de navigation (CGN), qui a supprimé en septembre 2015 le bateau Chens-Nyon au profit d'un Yvoire-Nyon, elle n'est pas partie au projet.

Début 2015, l'ingénieur avait confié à la Tribune réfléchir depuis six ans déjà à ce projet avec une petite équipe qu'il a réunie au sein de FTSC Sàrl (Ferry Terre Sainte Chablais), une société basée chez Team Consult SA et dirigée par Ruggero Hüsler, au capital de laquelle participe Yves Bach (EMS SA). Ils avaient alors remis un dossier à Luc Barthassat. Un mois plus tard, en février 2015, le gouvernement genevois écartait, dans sa réponse à une question du député UDC Lussi (QUE296), l'idée de tout soutien financier à un bac.

Un copier coller du Horgen-Meilen

Le père du projet n'est autre que l'ancien patron des TPG et toujours président d'Unireso, Christoph Stucki. Absent de Genève, il n'a pas répondu à notre courriel. Selon La Côte, un projet devrait être publié ce mois encore. L'article de La Côte n'apporte rien qui ne soit déjà connu depuis plus d'un an. Il en coûterait 10 francs par traversée aux automobilistes. Trois bateaux croiseraient aux heures de pointe permettant un départ tous les quarts d'heure. Des données que la Tribune de Genève avait déjà publiées fin janvier 2015.

Selon Stucki, la «Zürichsee-Fähre Horgen-Meilen AG», née en 1930, assure régulièrement le passage d'une rive à l'autre de plus d'un million de véhicules par an et de deux millions de passagers. Le transporteur zurichois tourne. Il verse même des dividendes à ses deux principaux propriétaires, les communes de Horgen et de Meilen. Le promoteur du bac lémanique connaît bien ce cousin zurichois. Il est né à Thawil à cinq kilomètres de Horgen.

Créé: 07.06.2016, 16h13

Le bus B d'hermance aux portes de Chens

Le bus B d'Hermance pourrait bien desservir Chens dès le mois de décembre prochain. Pascale Moriaud l'espère mais reste circonspecte, car tous les feux ne sont pas encore au vert. Chens-sur-Léman a voté un crédit de 100'000 francs pour obtenir un arrêt sur territoire français. Il sera aménagé au lieu-dit Vereitre où un giratoire permettra au bus de rebrousser chemin. L'arrêt est à quelque 500 mètres du coeur du village et à un kilomètre du port. Aller plus loin implique que nous mettions 500'000 francs sur la table par année et ça pose des problèmes logistiques aux TPG. Madame le maire se dit néanmoins satisfaite de ce qui est une première étape. Jusqu'à présent les TPG refusaient d'entrer en matière. (JFM)

Horgen vs Céligny

Le port de Horgen et le port de Céligny. Ces images tirées de Google Map sont approximativement à la même échelle.

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