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Traverser le pays en autocar à bas prix? L'idée divise

Une société zurichoise va effectuer des tests de bus longue distance en Suisse. Certains craignent une concurrence pour le rail.

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Sur son site, Domo Reisen vante en ce moment un voyage de sept jours et demi en Sicile pour 699 francs, transport en autocar et croisière compris. Cette entreprise zurichoise, spécialisée dans les voyages en bus, proposera-t-elle bientôt des tickets Bâle – Lugano pour 46 francs? Voire 23 fr. avec l’abonnement demi-tarif? C’est ce que laissait entendre le Blick mercredi. Cette société entend procéder dès la mi-juin à des tests sur trois parcours: Saint-Gall – Genève, Coire – Sion et Bâle – Lugano. Avec la bénédiction de l’Office fédéral des transports (OFT).

«Formellement, nous n’avons pas octroyé d’autorisation pour de tels essais, précise Florence Pictet, porte-parole de l’OFT. Nous n’avions pas à le faire, du moment que l’entreprise possède une licence de transport en Suisse. Elle nous a informés de son intention d’effectuer des tests dans le cadre de sa demande de concession.» Domo Reisen est en effet la première société – et la seule à ce jour – à avoir sollicité l’autorisation d’exploiter des liaisons sur de longues distances en Suisse. Ses velléités concernent Genève – Saint-Gall (deux fois par jour), mais aussi un car par jour entre Bâle et Brigue, ainsi qu’une liaison avec le Tessin.

Le dossier est en cours d’examen à Berne, indique Florence Pictet. «Le fait d’approuver ces essais ne préjuge en rien de notre décision quant à l’octroi ou non de la concession.» A ce stade, l’OFT a imposé une seule condition à Domo Reisen: les essais avec passagers seront limités à un aller-retour par ligne, et ces derniers devront être embarqués gratuitement.

Concurrence néfaste

Par la suite, tout éventuel concessionnaire devra respecter une disposition principale: la liaison en autocar «ne devra pas concurrencer de manière essentielle une offre de transports publics soutenue par l’Etat». Autrement dit, l’offre des CFF est protégée.

Le Syndicat du personnel des transports (SEV) s’inquiète néanmoins de l’arrivée de ces nouveaux opérateurs sur le marché. La start-up allemande Flixbus, qui cartonne dans toute l’Europe avec ses voyages à bas prix, a elle aussi des vues sur le marché suisse. Pour le président du SEV, Giorgio Tuti, l’OFT met en danger les transports publics suisses. «La concurrence sur les lignes rentables affaiblit les entreprises ferroviaires qui exploitent aussi des lignes régionales peu ou pas rentables.» Par ailleurs, le syndicat craint que les conditions de travail usuelles de la branche ne soient pas respectées.

Sous la Coupole fédérale, Philippe Nantermod se réjouit au contraire des projets de Domo Reisen. «C’est un pas dans la bonne direction», juge le conseiller national (PLR/VS), qui milite pour une libéralisation du transport de voyageurs en autocar à longue distance en Suisse. En mars dernier, il a obtenu le soutien de la Chambre du peuple, contre l’avis du Conseil fédéral. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer sur sa motion.

Aux yeux de Philippe Nantermod, cette évolution ne peut que renforcer les transports publics et inciter les CFF à dynamiser leur politique tarifaire. Mais y a-t-il une réelle demande pour des voyages bon marché en bus, sachant qu’ils seront plus longs que les mêmes trajets en train? «Les deux offres s’adressent à des publics différents, répond le Valaisan. Les pendulaires ne prendront pas l’autocar. Mais il y a une clientèle pour cela: les jeunes qui se déplacent pour les loisirs ou les touristes qui trouvent nos trains très chers.»

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