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Les trois grands défis du chef de la BNS

Thomas Jordan va devoir dès cette semaine colmater les brèches suite au tremblement de terre qu’il a initié avec la fin du taux plancher sur l'euro.

Thomas Jordan devra s’armer de courage pour encaisser les chocs de la semaine à venir.
Thomas Jordan devra s’armer de courage pour encaisser les chocs de la semaine à venir.

Une nouvelle star est née. On connaissait Michael Jordan, voici désormais Thomas Jordan. Le premier mettait le feu sous les paniers de basket, le second enflamme les corbeilles de la Bourse. Depuis sa décision surprise de décrocher le franc suisse de l’euro, le patron de la Banque nationale suisse (BNS) a vu sa notoriété monter en flèche. Pour le meilleur et pour le pire.

Pour ce Bernois de 51 ans, à la grande carcasse et à la mine austère, docteur en sciences économiques avec une thèse rédigée à Harvard, ce coup de projecteur mondial ne doit pas être très agréable. Il n’aime pas les feux de la rampe, contrairement à son prédécesseur, le flamboyant Philipp Hildebrand.

Quand le vin est tiré, il faut le boire. On peut compter sur Thomas Jordan pour assumer jusqu’au bout. Comme le rappelait hier le SonntagsBlick, l’homme résume son sacerdoce ainsi: «On est banquier central jour et nuit, week-ends et vacances compris.» Voici les trois grands défis qui l’attendent.

Encaisser habilement le double choc à venir

Thomas Jordan a encaissé avec calme les conséquences de l’abandon du taux plancher. La Bourse suisse a plongé, l’euro a dégringolé face au franc suisse, mais lui a simplement estimé que les marchés surréagissaient. A voir. Car les jours qui viennent vont lui donner quelques sueurs froides. Jeudi, on s’attend à ce que la Banque centrale européenne annonce un rachat massif de la dette publique. Cela pourrait provoquer ce que le conseiller d’Etat vaudois Pascal Broulis appelle «un second tsunami». Euro qui plonge et monnaie suisse refuge qui grimpe. A cela s’ajoutent les élections en Grèce du 25 janvier, avec une possible victoire de l’extrême gauche et donc un nouveau risque d’affaiblissement de l’euro. Thomas Jordan sera donc jugé à son habileté manœuvrière à empêcher que le franc suisse ne s’envole encore plus haut.

Garder la confiance des politiques en Suisse

La BNS est indépendante mais elle ne peut pas avoir tout le monde politique suisse longtemps contre elle. Pour l’instant, les grosses attaques fusent de la gauche. On accuse Jordan d’avoir plié devant les spéculateurs et même de pactiser avec l’UDC. La «preuve»? Il a participé à une soirée électorale PLR/UDC à Zurich jeudi dernier, le soir même de sa décision controversée. A droite, on soutient généralement Jordan, même si certains n’ont pas apprécié le timing du décrochage. Le plus important? Eveline Widmer-Schlumpf, après Schneider-Ammann, donne la bénédiction du Conseil fédéral: «Monsieur Jordan jouit de notre confiance la plus totale.» Mais cette confiance a-t-elle un prix? La ministre articulait hier dans la presse une parité «supportable» à 1 fr. 10 pour 1 euro. Un défi de taille pour Jordan.

Gagner la guerre monétaire à long terme

Au niveau du discours, la crédibilité de Thomas Jordan est plombée. On ne peut pas impunément marteler que le taux plancher est un pilier de la BNS, puis le balancer quelques jours plus tard. Mais cette parole frelatée est-elle vraiment un handicap pour la suite? Jordan ne sera pas jugé sur ce qu’il dit mais sur ce qu’il fait. Il lui reste donc à prouver que son coup de sac de jeudi dernier était visionnaire. Si une récession sévère et un chômage massif s’installent en Suisse dans l’année qui vient, là, il aura perdu la guerre monétaire.

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