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PolitiqueCassis fait le ménage sur les réseaux sociaux

Le nouveau chef du DFAE, Ignazio Cassis, a effacé ces derniers jours 90% du contenu de son compte Twitter. Et ses autres comptes vont subir la même purge.

Ignazio Cassis tire un trait sur son passé dans les réseaux sociaux d'avant son élection au Conseil fédéral.
Ignazio Cassis tire un trait sur son passé dans les réseaux sociaux d'avant son élection au Conseil fédéral.
Keystone

Le nouveau chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) avait promis un «reset» dans le dossier européen. Mais dans les faits, Ignazio Cassis semble surtout procéder à un «reset» dans ses comptes de réseaux sociaux. En effet, révèle le Tages-Anzeigervendredi, le Tessinois a effacé peu avant près de 90% des commentaires postés sur son compte Twitter.

Ainsi, si le compte du nouvel élu dénombrait encore 580 tweets le 17 décembre, il n'en reste désormais plus que 43. Tout y est passé ou presque, y compris ce qui ne relevait pas de politique. Ainsi même des posts sur une formation de jazz qu'il appréciait ont disparu. Seuls 7 tweets datant d'avant son entrée en fonction ont été conservés. Ils concernent surtout la langue italienne et la culture tessinoise.

Le Tagia consulté le site Internet Politwoops.de, qui s'est donné comme mission d'archiver les tweets dont les politiciens de haut rang ne veulent plus rien savoir. Et le journal alémanique dévoile que le Tessinois a ainsi supprimé un post de juin 2016 dans lequel il ironisait le vote du Brexit en Grande Bretagne. Utilisant un jeu de mots, l'ancien conseiller national écrivait: «Brexit, Grexit, Quitaly et Endenemark? AdiEU tout le monde!».

Exit également un tweet de septembre 2017, peu avant son élection, où il mettait en garde les moins de 45 ans sur les dangers selon lui de la réforme des retraites Prévoyance 2020 soumise au peuple quelques jours plus tard.

Compte privé qui devient officiel

Evidemment, on peut comprendre, vu les nouvelles fonctions officielles du Tessinois, les raisons pour lesquelles il a fait disparaître ses commentaires de la toile. D'autant qu'Ignazio Cassis était l'un des parlementaires les plus actifs sur les réseaux sociaux. Il est en effet présent sur Twitter depuis 2011, mais il a aussi un compte sur Facebook, Instagram, Xing et Linkedin.

Mais pourquoi le conseiller fédéral a-t-il fait pareillement le ménage sur Twitter? Au DFAE, on explique qu'Ignazio Cassis a décidé d'utiliser son compte privé comme compte officiel. Raison pour laquelle le nom et l'apparence de son compte ont changé. Il y est désormais précisé la fonction de conseiller fédéral du Tessinois sur fond de Palais fédéral. Du coup, les tweets qui n'avaient rien à voir avec sa nouvelle fonction ont été supprimés, explique-t-on.

Et ce grand ménage n'est pas terminé, selon le DFAE. En effet, il est prévu de procéder de la même manière sur les autres réseaux sociaux du conseiller fédéral, notamment Facebook et Linkedin.

Incompréhension

Du côté des milieux de la communication, c'est plutôt l'incompréhension qui règne. «Je n'aurais pas conseillé à Ignazio Cassis de procéder à une telle purge à grande échelle», note ainsi le conseiller politique benois Mark Balsiger. «La suppression d'autant de tweets à la fois attire trop l'attention, et en plus il est très facile, avec un bon logiciel de retrouver les commentaires effacés», rappelle-t-il. En outre, il ne voit pas la nécessité d'un pareil nettoyage. «Cassis était prudent avant d'entrer au Conseil fédéral. (...) Il n'a jamais diffusé de messages problématiques contrairement à d'autres politiciens».

Le conseiller politique est rejoint par un autre confrère spécialiste sur la diplomatie des chefs d'Etat sur Twitter . «Je n'aurais jamais effacé ces tweets», explique ainsi Matthias Lüfkens, de la société Burson-Marsteller. «Les politiciens, comme tout le monde, livrent un peu de leur personnalité dans les médias sociaux. Il est étrange,du coup, quand un politicien veut soudainement arrêter tout cela». Mais il relativise: «après tout, on apprend désormais aux élèves à ne poster sur les réseaux sociaux que ce qu'ils ne regretteront pas par la suite.»

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