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TransportsUber: les taxis suisses et européens ripostent

Quelque 165 centrales suisses et européennes pourraient être réunies dans l'application Taxi Europa. But: contrer Uber.

Ce projet ambitionne de relier virtuellement sur le continent plus de 65'000 véhicules et 200'000 chauffeurs.
Ce projet ambitionne de relier virtuellement sur le continent plus de 65'000 véhicules et 200'000 chauffeurs.
Keystone

Les taxis de villes européennes, notamment en Suisse, préparent la riposte à Uber. Quelque 165 centrales pourraient être réunies sous un même toit - Taxi Europa - avec une application mobile unique comme fer de lance, a appris AWP. Principal acteur genevois, Taxiphone est conquis. Taxi Services à Lausanne prendra sa décision cet été.

Ce projet ambitionne de relier virtuellement sur le continent plus de 65'000 véhicules et 200'000 chauffeurs, afin de mieux se profiler face aux applications de VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur). «C'est un contrefeu partiel à ce que propose Uber. Et c'est déjà un beau pas en avant», affirme Jean Lazega, directeur de Taxi Services. L'union sacrée entre taxis européens a été esquissée fin mai à Luxembourg, lors du salon Eurocab 2019.

Taxi Europa

La collaboration vise à concentrer les moyens financiers pour améliorer la visibilité - notamment les référencements sur les moteurs de recherche - de la solution Taxi.eu, lancée en 2012. L'application mobile sera rebaptisée Taxi Europa, le même nom que celui de la société qui gérera la plateforme et dont les centrales seront actionnaires.

Après des années de combats à l'échelle locale, ces acteurs historiques ont décidé d'engager un bras de fer au niveau européen avec Uber. «A Genève, nous avons perdu 20% de parts de marché après l'arrivée d'Uber en 2014», déplore Cédric Bouchard, le patron de Taxiphone. «Nous sommes en train de revenir dans les chiffres grâce à notre pugnacité, notre offre diversifiée et la régularité des prix de nos prestations», assure-t-il.

Son homologue lausannois, qui a également égaré 20% du marché local, ne se berce d'aucune illusion de reconquête avec Taxi Europa. «Nous allons peut-être gagner quelques parts de marché, mais ce sera infime», selon Jean Lazega, qui demeure cependant favorable au projet. «C'est une question de solidarité.» L'organe de surveillance de Taxi Services tranchera fin août.

Aussi à Zurich et Bâle

Toutes les centrales utilisant la structure informatique FMS du développeur autrichien Austrosoft, dont les zurichoises Taxi 444, Taxi 7x7 ou encore les bâloises Mini-cab, 33er Taxi et Taxi Zentrale, ont la possibilité d'adhérer à la plateforme Taxi Europa.

Cela n'a rien de révolutionnaire puisqu'il est possible, par exemple, de commander un taxi via cette application mobile depuis 2012 à Genève, soit bien avant l'arrivée d'Uber.

Cependant, rien n'a été entrepris pour promouvoir la solution avant 2019, notamment parce qu'il a fallu la perfectionner. «Ce n'est pas tard. (...) De plus en plus, dans toutes les villes, on constate un retour au taxi officiel proposant des commandes par smartphones», assure Cédric Bouchard. Pour Taxiphone, le taux de réservation en ligne a bondi de 7% à 14% l'année dernière.

Les personnes utilisant les «apps» Taxiphone et Taxi Services ne percevront aucun changement. Les deux centrales utilisent la solution Taxi.eu, livrée en marque blanche et revêtue d'un habillage local. En revanche, leurs applications permettent désormais de réserver une course à Lyon ou à Berlin, auprès de partenaires. Localement, les centrales espèrent ainsi attirer une clientèle de touristes, notamment d'affaires.

Fausse route

Pour Jean Lazega, élever le projet au rang de «Uber des taxis européens» reviendrait toutefois à faire fausse route. D'une part, les centrales connectées au système FMS ne couvrent qu'un nombre restreint de pays, à savoir la Suisse, la France, l'Allemagne, l'Autriche, le Benelux, le Danemark, la Grèce et la République tchèque.

Certaines capitales sont oubliées. «A ma connaissance, Taxi Europa ne pourra pas être opérationnel à Bruxelles, Londres ou Rome», regrette M. Lazega. Dans les petites villes, les acteurs modestes risquent de descendre en marche, par manque d'intérêt. D'autre part, chaque pays - et chaque canton en Suisse - dispose d'une législation différente. «Uber, avec son concept global et identique partout, est presque indéclassable», avertit Jean Lazega.

ats

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