L'UDC reste droite dans ses bottes malgré une nouvelle défaite

Stratégie énergétiqueLe président du parti, Albert Rösti, ne regrette rien. Il prendra au mot Doris Leuthard: pas question d'accepter des taxes supplémentaires.

Le président de l'UDC Suisse, Albert Rösti.

Le président de l'UDC Suisse, Albert Rösti. Image: Jean-Paul Guinnard

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Non, il ne démissionnera pas. Assailli par la presse, dimanche, le président de l’UDC Suisse Albert Rösti a joué la carte de la fermeté. Non, le référendum contre la Stratégie énergétique 2050 n’était pas une erreur. La démarche s’inscrit pleinement dans la ligne de l’UDC, qui défend le pouvoir d’achat des consommateurs et s’oppose à toute nouvelle taxe, a expliqué le Bernois, qui ne regrette rien malgré un score sévère. «Notre combat était juste et je peux dormir tranquille. Ce n’est pas moi qui ai fait des promesses impossibles à tenir.»

Dopé par des sondages qui donnaient une remontée du non, tout spécialement en Suisse alémanique, l’UDC a bataillé jusqu’au bout, engageant des moyens financiers considérables dans la campagne: un tout-ménage, et une campagne d’affichage nationale sur le thème de la pénurie d’électricité. Mais le placard promettant de se doucher à l’eau froide pour 3200 francs par an n’a pas convaincu.

Un message trop alarmiste?

Le message n’était-il pas trop alarmiste pour être pris au sérieux? Chef de fil des opposants en Suisse romande, le PLR genevois Benoît Genecand défend la stratégie agressive choisie. «Les opposants avaient contre eux tout l’appareil politique. Le risque était grand que ce sujet soit traité de manière superficielle. De ce point de vue, la campagne a été menée de manière juste car elle a permis de thématiser deux problématiques. D’abord, qu’on ne peut pas changer de système sans que cela ne coûte quelque chose, contrairement à ce que dit le Conseil fédéral. Et ensuite, qu’il y a un problème d’approvisionnement. Après, c’est le jeu démocratique», analyse le Genevois.

Malgré les quolibets du camp adverse, l’UDC reste droite dans ses bottes. Le tournant énergétique promis à 40 francs doit maintenant être réalisé. «Je pars du principe qu’il n’y aura pas de deuxième paquet de mesures. On verra si Madame Leuthard pourra tenir ses promesses», assène Albert Rösti.

L'UDC n'arrive plus à imposer ses thèmes

Pour l’UDC, c’est une nouvelle défaite cuisante, qui fait suite à une série de revers. Depuis deux ans, le parti n’arrive plus à imposer ses vues sur ses thèmes forts: expulsion des criminels étrangers, asile, naturalisation, immigration de masse. A cela s’ajoute des échecs en cascade en Suisse romande, et le retrait de la vie politique de ses anciens leaders Oskar Freysinger et Yvan Perrin. Même s’il assure qu’il attendra 2019 pour faire son bilan, pas sûr qu’Albert Rösti échappe à une remise en question.

Créé: 21.05.2017, 22h16

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