L’UDC veut jouer petit bras sur l’asile

Votations du 5 juinAlors qu’elle a lancé le référendum, l’UDC ne mènera pas de campagne nationale contre la loi sur l’asile. En face, les partisans sont unis.

Pour Andreas Glarner, conseiller national UDC/AG, chef de la campagne contre la loi sur l’asile: «Le peuple doit savoir lui-même quelle politique d’asile il veut.»

Pour Andreas Glarner, conseiller national UDC/AG, chef de la campagne contre la loi sur l’asile: «Le peuple doit savoir lui-même quelle politique d’asile il veut.» Image: Keystone

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L’argumentaire contre la loi sur l’asile est déjà en ligne sur le site Internet de l’UDC. Les ténors du parti – Roger Köppel et Céline Amaudruz en tête – dans les starting-blocks pour une conférence de presse nationale ce matin à Berne. Et pourtant, rien ne va se passer comme prévu dans la campagne contre la loi sur l’asile.

Hier, le SonntagsBlick a dévoilé un changement de ton et de style choisi par l’UDC. Il n’y aura pas d’affiches, pas de journal spécial distribué dans toutes les boîtes aux lettres du pays, comme c’est habituellement le cas lorsque l’UDC est leader dans un dossier. «La direction du parti a décidé que l’UDC Suisse ne fera pas campagne dans l’espace payant», annonce le conseiller national argovien Andreas Glarner, nouveau responsable du parti sur les questions de migration, et directeur de la campagne référendaire.

Les choses sont claires: l’UDC Suisse ne déliera pas les cordons de la bourse pour jouer les gros bras face à la loi sur l’asile. «Le peuple doit savoir lui-même quelle politique d’asile il veut. Les électeurs croiront-ils la propagande des autorités quand elles affirment que des avocats gratuits vont aider à accélérer les procédures? L’UDC n’est plus d’accord de faire tous les efforts, comme cela avait été le cas lors de la votation sur l’initiative de mise en œuvre», martèle Andreas Glarner.

Cette attitude fataliste est d’autant plus surprenante que le référendum contre la loi sur l’asile devait permettre à l’UDC de prendre sa revanche après le cinglant revers de février dernier. Malgré une campagne massive, l’UDC avait échoué à obtenir une majorité dans un de ses dossiers majeurs, celui des étrangers. «Nous avions mis des moyens considérables, et cela a attisé nos adversaires qui ont pu nous utiliser comme épouvantail. Nous ne voulons pas refaire la même erreur. Là, cela permettra de se concentrer sur l’objet lui-même», explique le vice-président du parti, Oskar Freysinger.

Au niveau des cantons

Le Valaisan compte aussi sur l’engagement des sections cantonales qui seront libres de s’organiser comme elles le souhaitent. «On a vu dans plusieurs scrutins que décentraliser une campagne pouvait être plus efficace. Surtout qu’un des points les plus problématiques de la loi, c’est le droit d’expropriation que s’arroge la Confédération. C’est absolument inacceptable, et cela concerne en premier lieu les cantons et les communes.»

Reste à savoir si la nouvelle stratégie soft choisie par l’UDC convaincra les militants habitués à un tout autre style. «En tout cas, ça vaut la peine d’essayer», élude Oskar Freysinger.

Des partisans unis

Car la campagne, que certains voyaient comme un boulevard offert au parti de Christoph Blocher au vu du contexte international surchauffé, s’annonce en effet assez compliquée. Comme en février dernier, l’UDC aura face à elle un très large front uni. Un seul comité piloté par le PDC défendra la révision de la loi aux côtés de Simonetta Sommaruga, avec un argumentaire différencié pour la gauche et la droite. «Nous avons peu de moyens, mais beaucoup d’engagement», souligne Béatrice Wertli dans Le Matin Dimanche. La secrétaire générale du PDC suisse compte en effet sur la société civile pour pallier le manque d’engagement des milieux économiques. Et elle aussi mise sur une campagne de proximité dans les cantons et les communes. (24 heures)

Créé: 03.04.2016, 20h48

Un premier contingent

Dans le cadre du programme de répartition de l’Union européenne (UE), la Suisse devrait accueillir à la mi-avril les trente premiers réfugiés venus d’Italie. Il s’agit d’un «groupe pilote» composé en majorité d’Erythréens et de Syriens, qui ont au moins 75% de chances d’obtenir un statut de protection dans l’UE.

«Cela peut se passer dans une semaine comme dans quatre», précise Martin Reichlin, porte-parole du Secrétariat d’Etat à la migration (SEM).
Ce premier contingent doit permettre de tester le déroulement du processus. Les réfugiés ne seront pas soumis à une «répartition spéciale» mais devront passer par une procédure normale et seront traités comme tous les autres requérants d’asile.

En septembre dernier, le Conseil fédéral avait décidé d’accueillir jusqu’à 1500 réfugiés, qui ont déjà été enregistrés en Italie ou en Grèce dans des «hot spots», ou centres d’accueil, lancés récemment. Le gouvernement a déjà donné son accord de principe pour accueillir un second groupe de réfugiés dans le cadre d’un nouvel effort européen si l’UE s’entend sur une clé de répartition, mais le calendrier n’est pas encore connu. Il y a quelques mois, un chiffre de 4500 à 5000 personnes était articulé, sur les 120?000 prévus dans l’UE.

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