L'UE stoppe un fonds de recherche, l'EPFL trinque

Recherche Bruxelles a donné un coup d'arrêt à son programme géant de financements «FET Flagships». Le projet de l'EPFL Time Machine est directement touché.

Le projet TimeMachine du Pr Frédéric Kaplan, à l'EPFL, est directement impacté par l'arrêt du programme.

Le projet TimeMachine du Pr Frédéric Kaplan, à l'EPFL, est directement impacté par l'arrêt du programme. Image: Keystone

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La Commission européenne abandonne le concept de «FET Flagships», ses vaisseaux amiraux de la recherche. Le processus de sélection est interrompu et six projets, dont un suisse, sont touchés. Ils ne seront pas financés sous cette forme, indique la revue Science.

Un milliard sur dix ans

La décision a été arrêtée au mois de mars et les équipes informées. Les six finalistes avaient déjà reçu un million d'euros chacun pour développer leur méga-projet, dont ils devaient présenter la planification détaillée d'ici mai 2020. Ils pouvaient miser sur un milliard d'euros sur dix ans.

Interrogé mercredi dans Science, Kurt Vandenberghe, directeur de la politique de recherches au sein de la Direction générale de la recherche et de l'innovation à Bruxelles, justifie la décision par «un trop grand nombre d'instruments et d'approches de financement différents».

Selon M. Vandenberghe, les six projets candidats pourraient être intégrés dans «Horizon Europe», le prochain programme-cadre appelé à succéder à «Horizon 2020». Il couvrira la période 2021-2027, avec un budget d'environ 100 milliards d'euros. La Commission et le Parlement européens sont encore en train de discuter des détails d'Horizon Europe, mais il y a accord sur la structure du programme, et les trois nouveaux Flagships qui devaient être nommés en 2020 n'y figurent pas, selon Science. Depuis décembre dernier déjà, il n'est plus question de Flagships mais d'«initiatives de recherche à large échelle».

L'EPFL touchée

Parmi les six projets désormais en stand-by figure TimeMachine de Frédéric Kaplan, du Laboratoire d'humanités digitales à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Le projet visait à cartographier 2000 ans d'histoire européenne et transformer les archives et collections de musée en un système d'informations numériques.

Les cinq autres projets viennent d'Allemagne pour trois d'entre eux, des Pays-Bas et du Danemark. Ils touchent les domaines de l'intelligence artificielle, du développement cellulaire, des thérapies géniques et des énergies renouvelables. Les trois Flagships déjà en cours, Human Brain Project, Graphene et Quantum, ne sont pas concernés par cette décision. (ats/nxp)

Créé: 15.05.2019, 13h52

EPFL: l'abandon des Flagships ne signifie pas la fin de TimeMachine

L'EPFL regrette que l'Europe ait interrompu les futurs programmes Flagship, a-t-elle indiqué. L'équipe de TimeMachine entend toutefois poursuivre son travail et trouver de nouveaux financements.

La haute école lausannoise souligne que TimeMachine a obtenu la meilleure évaluation du jury en début d'année. «Sa portée s?étendait dès le départ bien au-delà des dix années prévues par le financement européen», souligne Andreas Mortensen, vice-président pour la recherche à l'EPFL.

Avec son réseau de partenaires comptant plus de 300 institutions, TimeMachine peut tabler sur de nombreux appuis dans toute l?Europe. Il y a un mois, 24 ministres européens ont signé une déclaration visant à la création d?une plate-forme collaborative destinée à la numérisation du patrimoine culturel européen, ce à quoi Time Machine est précisément dédié, note encore l'EPFL.

Porteur du projet TimeMachine, Frédéric Kaplan rappelle que celui-ci développera des effets largement supérieurs à la connaissance historique des villes européennes: «Il s'agit de créer et de mettre à disposition de la société l'un des systèmes d'intelligence artificielle les plus sophistiqués qui soit».

«Il mettra en lumière des connexions profondes entre les cultures et les époques, offrant des opportunités pour transformer radicalement notre regard sur l?histoire, la culture, mais aussi l?enseignement ou même le tourisme», selon le chercheur.

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