Unia dénonce le dumping salarial dans le nettoyage

Action syndicaleLe syndicat était à Genève avec des nettoyeuses pour réclamer de meilleures conditions de travail.

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Image d'illustration. Image: Pierre Abensur

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Elles ont mis leurs tabliers à carreaux pour distribuer des torchons de ménage roses et des tracts à la place du Molard ce mardi. Ces nettoyeuses, soutenues par le syndicat Unia, réclament de meilleures conditions de travail dans une branche très touchée par la sous-enchère salariale.

"Beaucoup d'entreprises et de collectivités publiques ont externalisé leurs services de nettoyage", relève Camila Aros, d'Unia. La secrétaire syndicale déplore que cela ait créé un système où, afin de remporter les marchés, les entreprises de nettoyage se livrent une concurrence de plus en plus acharnée, sur le dos de leurs employés. "Pour réduire les tarifs, on privilégie le personnel le moins qualifié, car sinon, les salaires prévus par la convention collective sont plus élevés. Les employeurs vont jusqu'à refuser que leurs collaborateurs suivent les formations existantes, qui leur donneraient droit à une meilleure rémunération. Or, il faut l'accord du patron pour bénéficier de ces formations."

Autre grief du syndicat: le taux d'activité. Selon la même logique d'économies, dénonce Unia, la plupart de nettoyeurs ne sont employés qu'à temps partiel, faisant moins de 18 heures par semaine. "A partir de 18 heures de travail hebdomadaires, explique Camila Aros, on change de catégorie salariale. Le salaire horaire de base passe alors de 18fr.60 à 19fr.60, c'est pourquoi les patrons évitent d'embaucher des gens à plein-temps." D'après la syndicaliste, beaucoup de travailleurs sont donc obligés de cumuler plusieurs emplois pour s'en sortir, enchaînant parfois des journées qui s'étalent de 7h à 21h. Et il y a un effet collatéral à cela, c'est que les salaires atteignent rarement le seuil d'accès au deuxième pilier, privant les nettoyeurs d'une bonne prévoyance professionnelle. "Certains doivent avoir recours à l'aide sociale malgré plusieurs emplois."

Enfin, la charge de travail s'accroît sans cesse: "Il y a de moins en moins de personnel pour nettoyer les mêmes surfaces de locaux, ce qui engendre des problèmes de santé et des arrêts maladie", ajoute Camila Aros. Sans parler des "congés-modification", quand les employés sont licenciés pour être réengagés à des conditions moins favorables. Tout cela, estime Unia, est dû à la pression croissante que font peser les entreprises mandantes et les collectivités publiques sur les tarifs de nettoyage. Le syndicat demande donc que celles-ci prennent leurs responsabilités en internalisant à nouveau ce service. "Nous nous battrons aussi pour qu'au prochain renouvellement de la convention collective du nettoyage, la différence de salaire en fonction du nombre d'heures travaillées soit supprimée." Une autre action de sensibilisation a eu lieu en fin de journée devant l'hôpital.

Créé: 17.06.2015, 07h42

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