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Canton de FribourgUnia: employés considérés «comme des Kleenex»

À bout de nerfs, les collaborateurs de la section fribourgeoise dénoncent une ambiance de travail «malsaine et destructrice».

(Image d'illustration) Il y a eu une quinzaine de départs ces cinq dernières années au sein de la section fribourgeoise du syndicat. (Vendredi 20 octobre 2017)
(Image d'illustration) Il y a eu une quinzaine de départs ces cinq dernières années au sein de la section fribourgeoise du syndicat. (Vendredi 20 octobre 2017)
Keystone

Rien ne va plus au sein de la section fribourgeoise d'Unia, déchirée par des conflits et en proie à de nombreux départs de collaborateurs. Un comité de soutien s'est formé pour défendre les employés et réclamer une réaction urgente des instances régionale et nationale du syndicat.

Emotion palpable

Ce groupe a envoyé jeudi une lettre au comité régional d'Unia Fribourg, avec copie au comité national. Il demande avant fin novembre une rencontre en comité régional extraordinaire, afin de prendre des mesures pour rétablir la sérénité. Il a lancé une pétition.

Une dizaine de collaborateurs anciens ou actuels ont témoigné devant la presse vendredi à Fribourg. Ils ont raconté, avec une émotion palpable chez certains d'entre eux, l'atmosphère qui règne au syndicat depuis des années, selon eux: méthodes autoritaires, manque de dialogue, climat d'incompréhension, de conflit et de peur.

«Une ambiance malsaine et destructrice», commente une ancienne collaboratrice démissionnaire. Les employés sont considérés «comme des Kleenex», illustre un ancien employé. «Je n'ai jamais vu ça, c'est une catastrophe», s'exclame un collaborateur actuel, appelant le comité national à «prendre ses responsabilités».

Nombreux départs

Ils mettent aussi en évidence un sous-effectif, une difficulté à compenser les heures supplémentaires et des salaires inférieurs aux barèmes du syndicat. Le travail est, selon eux, surchargé, mal organisé et mal encadré.

Ils dénoncent une logique purement financière et une politique d'adhésions à tout crin, qui pousse à passer beaucoup de temps sur le terrain en quête de nouveaux membres. Ils déplorent que l'accent soit mis sur cette tâche au détriment de la qualité des services fournis aux travailleurs, qui est pourtant primordiale. Tout cela mène à l'épuisement et à la démotivation, voire à la dépression.

Dans cette section cantonale qui emploie une trentaine de personnes, il y a eu une quinzaine de départs (démissions et licenciements) ces cinq dernières années. Des procédures sont en cours aux prud'hommes. Et ce n'est pas fini: d'autres départs sont prévus d'ici à fin 2017.

Dernier épisode en date: fin août, le licenciement soudain de deux collaborateurs qui avaient pourtant achevé avec succès leur période d'essai. Pour le comité de soutien, il s'agit clairement d'un congé-représailles après les articles parus cet été dans la presse fribourgeoise au sujet des dysfonctionnements dénoncés.

Cordonnier mal chaussé

De telles méthodes, qu'Unia dénonce régulièrement dans des entreprises du secteur privé, n'ont rien à faire dans la plus grande organisation syndicale de Suisse, lit-on dans la missive adressée aux comités régional et national.

En plus des situations difficiles vécues par plusieurs employés, le problème pèse aussi sur la crédibilité d'Unia, souligne le groupe de soutien. Celui-ci constate pourtant une certaine passivité de la part des instances dirigeantes.

La centrale d'Unia a fait faire un audit interne en 2016. Mais ses conclusions n'ont pas été communiquées de façon très transparente et n'ont eu que peu d'effets.

D'une génération à l'autre

Il y a eu chez Unia Fribourg un grand changement générationnel qui a engendré de l'instabilité, commente le porte-parole de la centrale d'Unia Lucas Dubuis, contacté par l'ats. Tout un pan du personnel part à la retraite et des nouvelles personnes arrivent, qu'il faut former.

L'audit, lors duquel tous les collaborateurs ont pu s'exprimer, a entraîné «une mise à jour des structures internes et une nouvelle répartition des tâches», explique-t-il. Mais il faut le temps que les décisions puissent déployer leurs effets.

La centrale ne compte pas réagir davantage pour le moment. Selon elle, la balle est dans le camp du comité régional face aux demandes du groupe d'employés.

ats

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