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Les vaches à cornes excitent les sénateurs

L’initiative pour subventionner les paysans qui n’écornent pas leurs vaches a provoqué un vrai combat oratoire au Conseil des Etats

AFP

Après la course de chevaux au Conseil fédéral mercredi, qui a vu la victoire d’un faux pur-sang tessinois, place aux vaches! Le Conseil des Etats a empoigné par les cornes ce jeudi l’initiative populaire «Pour la dignité des animaux de rente agricole», plus connue sous le nom d’initiative pour les vaches à cornes. Elle demande que les paysans respectueux des nobles attributs des bovidés reçoivent une subvention de l’Etat. Comme les chèvres sont aussi concernées, il en coûterait grosso modo 30 millions à la Confédération. A prendre sur le budget agricole annuel.

A peine lancé dans l’arène parlementaire, le sujet fait des étincelles. Roberto Zanetti (PS/SO) fonce dans le tas tête baissée. «La corne est un élément indispensable pour la communication et l’établissement d’une hiérarchie dans un troupeau. C’est un organe vivant innervé. Or on le brûle avec un fer pour éviter une repousse. Que diriez-vous, chers collègues, si vous alliez chez le podologue vous faire couper les ongles et que l’on vous cramait les doigts de pied?» Le sénateur est inarrêtable. Il fustige les «esthètes de la Constitution» qui boudent cette initiative folklorique car elle détonne dans le grand texte fondateur de la Suisse. Et il brandit le fameux écusson d’Uri avec son taureau. «Si vous lui enlevez les cornes, qu’est-ce que cela donne? Un mouton avec un piercing dans le nez!» Anita Fetz (PS/BS) a aussi les poils qui se hérissent quand elle voit des publicités avec des vaches à cornes sur les berlingots de lait alors que ce dernier provient de bovidés écornés. «On trompe le consommateur!»

«Ecorner les vaches, c’est aussi un moyen d’éviter de graves accidents»

Le rapporteur Isidor Baumann (PDC/UR), qui est un peu le mâle dominant de la commission chargée du sujet, souffle des nasaux. Il déboule dans l’arène telle une reine d’Hérens. «Ecorner les vaches, c’est aussi un moyen d’éviter de graves accidents. Je connais dans mon entourage un père de famille qui est mort suite à un coup de corne. Quant à l’incitation financière, elle va rapidement être exploitée par le monde agricole. Ce n’est pas 30 mais 300 millions que vous devrez bientôt payer annuellement. Enfin sur les publicités mensongères, regardez vos propres brochures électorales à la maison, les promesses que vous avez fait et celles qui ont été tenues. Vous allez rire.»

Après une clôture de combat par un Johann Schneider-Ammann assez poussif, le Conseil des Etats tranche. C’est non à l’initiative par 28 voix contre 8 et 8 abstentions.

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