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SuisseUn Valaisan à la tête des services secrets?

Guy Parmelin doit se décider entre trois candidats d'ici la fin janvier à la tête du SRC. Le Valaisan Jacques Pitteloud fait partie des favoris mais sa candidature suscite des réserves.

Jacques Pitteloud, lorsqu'il était ambassadeur de Suisse au Kenya en 2014.
Jacques Pitteloud, lorsqu'il était ambassadeur de Suisse au Kenya en 2014.
Screenshot Youtube

Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) se cherche un nouveau chef après le départ en décembre de Markus Seiler, nommé secrétaire général du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Sur la cinquantaine de dossiers reçus, trois seront retenus d'ici la fin janvier et le Conseil fédéral dévoilera son choix en février. Parmi les noms les plus fréquemment cités figurent de nombreux Romands, comme Pascal Lüthi, le commandant de la police cantonale neuchâteloise ou encore le divisionnaire Jean-Philippe Gaudin, attaché militaire à Paris et ancien patron des renseignements militaires. Le troisième nom qui circule avec insistance est celui d'un diplomate, Jacques Pitteloud, explique la Luzerner Zeitung dans son édition du 12 janvier 2018.

Un parcours et des opposants

Agé de 55 ans, le Valaisan a déjà œuvré comme coordinateur entre autres dans le prédécesseur du SRC. Il occupe actuellement le poste de chef de la Direction des ressources du DFAE, un poste important tant en termes de personnel que de budget.

Mais sa candidature se heurte à de nombreuses oppositions, ses adversaires le décrivant comme un casse-cou et un joueur qui ne connaît pas ses limites. Ils estiment que le Valaisan ne sera pas le directeur dont le SRC a besoin pour retrouver la sérénité après le scandale de l'espion suisse Daniel M. en Allemagne.

La crise libyenne

Ses adversaires rappellent également son rôle dans la crise diplomatique entre la Suisse et la Libye de Muammar Kadhafi entre 2008 et 2010. A l'époque, Jacques Pitteloud est le chef du secrétariat politique du DFAE et son nom est cité dans des actions secrètes que le Département fédéral de la défense (DDPS) avait préparées pour libérer les deux otages suisses des geôles libyennes, Max Göldi et Rachid Hamdani.

L'une d'entre elles prévoyait leur exfiltration par le désert en direction de l'Algérie, mais le Conseil fédéral avait tout interrompu après avoir été informé par les services secrets français que les Libyens étaient au courant de toute l'opération. La Commission de gestion du Conseil des Etats lui avait alors reproché d'avoir outre-passé son mandat mais Pascal Couchepin avait pris sa défense.

Le boulet kényan

Une autre affaire colle aux basques de Jacques Pitteloud, nettement plus ennuyeuse celle-là. Il fait toujours l'objet d'une procédure par le procureur spécial Eric Cottier. Il lui est notamment reproché d'avoir proposé un accord à deux Kenyans lorsqu'il était ambassadeur de Suisse au Kenya en 2014.

Une plainte a été déposée à son encontre en 2015 par les deux hommes d'affaires, les frères Kamani, accusés de corruption. Ceux-ci l'accusent de «tentative de contrainte» car le Valaisan leur aurait proposé de verser 55 millions de dollars en échange de la fin des poursuites pénales en Suisse.

Trop tard pour le SRC?

Le quotidien Le Temps rappelle que le Ministère public de la Confédération était informé de la démarche de Jacques Pitteloud. Son numéro deux, Jacques Rayroud, a reconnu avoir été informé par l’ambassadeur de sa démarche et de ses mandataires, mais sans lui avoir donné d'instructions.

Les milieux diplomatiques suivent l'affaire de près et le DFAE garde son soutien à Jacques Pitteloud. Toujours est-il que même si la procédure pouvait être bouclée dans les prochaines semaines, comme l'espère son avocat Claude Nicati, le dénouement pourrait bien arriver trop tard pour figurer dans la «short list» qui sera remise au Conseil fédéral. Et ainsi sonner le glas des chances du Valaisan à la tête du SRC.

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