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DiplomatieVenezuela: la Suisse prête à offrir ses bons offices

La Confédération se tient à disposition pour d'éventuels efforts de médiation mais ne prend en revanche pas position sur le conflit Nicolas Maduro et Juan Guaido.

Ignazio Cassis, en compagnie d'Ueli Maurer, a pu s'entretenir avec le nouveau président du Brésil, Jair Bolsonaro.
Ignazio Cassis, en compagnie d'Ueli Maurer, a pu s'entretenir avec le nouveau président du Brésil, Jair Bolsonaro.
Keystone

La Suisse suit avec inquiétude les tensions en cours au Venezuela. Elle suit attentivement l'évolution de la situation dans ce pays et se tient à disposition pour d'éventuels efforts de médiation, a déclaré vendredi Ignazio Cassis devant la presse à Davos (GR).

La Confédération ne prend en revanche pas position sur le conflit entre le gouvernement du chef de l'Etat Nicolas Maduro et le président du parlement Juan Guaido, qui s'est autoproclamé «président» par intérim. La Suisse reconnaît des Etats, et pas des gouvernements, a-t-il précisé.

Le président américain Donald Trump a été le premier à soutenir M. Guaido, suivi par une dizaine de pays d'Amérique latine, dont le Brésil, et le Canada. L'UE a elle demandé des «élections libres» et la Haut-Commissaire de l'ONU pour les droits humains, Michelle Bachelet, a appelé depuis Davos à une «solution politique pacifique».

Au moins 20 morts en une semaine

Au moins 20 personnes ont été tuées cette semaine par les forces de sécurité ou des groupes armés pro-Maduro, selon des «sources crédibles» mentionnées par l'ONU. Plus de 350 personnes ont été arrêtées dans les manifestations liées à la crise politique.

De nombreuses autres personnes ont été blessées lors des rassemblements mardi et mercredi par plusieurs types de munitions utilisées par les forces de sécurité. Comme le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres la veille, la Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet a appelé vendredi à des "investigations indépendantes".

Elle souhaite que celles-ci établissent dans chaque cas si un recours excessif à la force est en cause. Mme Bachelet demande aux autorités de faire preuve de "retenue" et souhaite aussi que les personnes détenues arbitrairement pour avoir exercé leurs libertés fondamentales soient libérées.

Elle réitère sa demande au gouvernement de Nicolas Maduro et aux soutiens du président autoproclamé, l'opposant et président du Parlement Juan Gaido, de lancer immédiatement un dialogue. Ce scénario doit permettre d'aboutir à une solution "pacifique", dit-elle.

Des raids ont été menés dans des propriétés des zones les plus pauvres de la capitale Caracas où au moins 180 protestations ont été organisées cette semaine. Parmi les personnes interpellées, 320 ont été appréhendées rien que pour la journée de mercredi, selon des indications relayées auprès du Haut-Commissariat à Genève.

Celui-ci appelle à empêcher des violences similaires à celles de 2017 au terme desquelles il avait conclu à de possibles "crimes contre l'humanité". De nombreuses exécutions extrajudiciaires et détentions arbitraires avaient notamment été ciblées. En raison de la crise politique et économique ces dernières années, trois millions de personnes se sont réfugiées dans d'autres pays.

Plus de 350 personnes ont été arrêtées

Plus de 350 personnes ont été arrêtées au Venezuela cette semaine au cours des manifestations organisées contre le régime du président Nicolas Maduro, a déclaré vendredi la Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU. Dans un communiqué, Michelle Bachelet a indiqué que son bureau avait reçu des «informations concernant l'arrestation massive de manifestants -- bien plus que 350 au total (cette semaine), dont 320 pour la seule journée du 23 janvier».

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a «fermement» appelé vendredi le président vénézuélien Nicolas Maduro à «s'interdire toute forme de répression de l'opposition». «Nous appelons fermement M. Maduro à s'interdire toute forme de répression de l'opposition, tout usage de la violence contre des manifestants pacifiques», a déclaré M. Le Drian lors de ses voeux à la presse.

ats

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