Les Vert’libéraux posent les bases d’une mobilité 4.0

ParlementLe parti veut des zones réservées aux voitures électriques, favoriser la conduite autonome et mieux fluidifier le trafic avec la technologie.

Le programme des Vert’libéraux en matière de mobilité d’avenir veut consacrer une large place aux véhicules autonomes.

Le programme des Vert’libéraux en matière de mobilité d’avenir veut consacrer une large place aux véhicules autonomes. Image: Florian Cella

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Les Vert’libéraux veulent mettre le turbo en matière de politique des transports. Ils viennent de déposer cinq propositions pour mieux positionner la mobilité du futur. Parmi elles, des pistes pour réduire le trafic aux heures de pointe et des mesures pour faciliter l’émergence de nouveaux moyens de transport.

L’accent est notamment mis sur la conduite autonome. Le parti demande l’abolition des obstacles juridiques à l’introduction des véhicules sans chauffeur, «dès qu’une preuve de sécurité correspondante est donnée». «Ce qui semblait être de la science-fiction il y a quelques années est déjà une réalité», explique Martin Bäumle (PVL/ZH). Les villes de Sion, Fribourg et Cossonay jouent un rôle pionnier à cet égard. «L’Allemagne a déjà adopté une loi sur les voitures autonomes. Il est temps d’adapter la législation helvétique.»

Un avantage sécuritaire
Le recours aux véhicules autonomes pourrait notamment offrir des perspectives intéressantes aux régions périphériques. C’est d’ailleurs l’objet d’une autre motion déposée par Jürg Grossen (BE). Le nouveau président du parti demande la création d’un programme national de recherche sur l’utilisation de ce type de véhicules dans les transports publics. Pour le Bernois, le constat est clair. L’offre réduite en transports publics dans les régions excentrées pousse les habitants à se déplacer avec un véhicule privé. Avec des minibus sans chauffeur, le coût de revient serait moindre et il serait possible de densifier l’offre, par exemple dans les régions de montagne.

L’avantage de cette conduite du futur serait aussi sécuritaire – c’est en tout cas l’espoir du parti. «Les systèmes d’aide à la conduite et les véhicules semi-autonomes ont le potentiel pour réduire considérablement les accidents de la route, note Jürg Grossen. Il est dans l’intérêt public d’en savoir plus sur leurs effets sur la sécurité routière.» Il demande au Conseil fédéral d’approfondir les recherches. «Bien que ces systèmes fonctionnent depuis des années, le public manque de données concrètes. Actuellement, seuls les fabricants y ont accès.»

Des zones «vertes» en ville
Un autre aspect de ce vaste plan est la promotion des véhicules électriques. «Le transport connaît actuellement son plus grand bouleversement depuis l’invention de l’automobile, note Beat Flach (PVL/AG). L’électrification du transport privé est un moyen efficace de réduire les émissions de CO2, les polluants et le bruit.» Dans une autre motion, il demande au Conseil fédéral de créer la base juridique pour l’introduction de zones de stationnement spéciales pour les véhicules électriques. Ces «zones vertes» mises en place par les municipalités – sur le modèle des zones blanches ou bleues – serviraient uniquement au stationnement des véhicules électriques. On y trouverait aussi tout le nécessaire pour recharger le véhicule.

«On parle toujours de faire trois pistes pour fluidifier le trafic sur l’autoroute Lausanne-Genève. Faut-il vraiment dépenser des milliards alors que des solutions peut-être plus simples existent?»

Dernière piste imaginée par le parti: l’utilisation des nouvelles technologies pour fluidifier le trafic. Isabelle Chevalley (PVL/VD) prend le cas de l’autoroute entre Lausanne et Genève. «On parle toujours de faire trois pistes alors qu’il n’y a des bouchons qu’aux heures de pointe et en semaine. Faut-il vraiment dépenser des milliards et attendre des années pour voir une amélioration alors que des solutions peut-être plus simples existent?» Et la Vaudoise d’évoquer les potentialités du télétravail, qui permettrait d’étaler les pics de trafic, mais aussi les outils informatiques en mesure de favoriser le covoiturage ou l’autopartage. Elle demande des études comparatives tenant compte de ces nouvelles évolutions.

«Marketing politique»
«L’Office fédéral des routes n’a pas attendu les Vert’libéraux pour aborder ces questions, rétorque Frédéric Borloz (PLR/VD). Il y a dans ces propositions une part évidente de marketing politique.» Et le Vaudois de relever plusieurs bémols. «Il y a la question sécuritaire qui se pose pour la conduite autonome, mais aussi celle de l’acceptation de la société. C’est un peu comme un avion. Seriez-vous prêt à embarquer si on vous dit que le vol est sûr, mais qu’il n’y a pas de pilote?» Le Vaudois ne ferme pas la porte à des études sur ce thème, mais il ne sert à rien de vouloir accélérer la cadence.

Manfred Buhler (UDC/BE) affiche davantage de scepticisme. «La population augmente et les besoins en mobilité aussi. On peut réfléchir à de nouvelles solutions, mais cela ne doit pas empêcher de rattraper le retard pris par le réseau routier en raison du laisser-aller de Moritz Leuenberger durant ses quinze années au Conseil fédéral.» Selon lui, il n’y a pas vraiment de «révolution» dans la manière des Vert’libéraux d’aborder la mobilité. «Tout au plus, ils exigent quelques corrections.» (24 heures)

Créé: 10.12.2017, 21h47

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