Les Verts sont une espèce en voie d’extinction au Conseil des États

Élections fédéralesLes écologistes pourraient perdre leur unique siège de sénateur en octobre prochain. De quoi inquiéter jusqu’à la présidence.

Dernier des Mohicans écologistes au Conseil des États, le genevois Robert Cramer ne se représentera pas en 2019.

Dernier des Mohicans écologistes au Conseil des États, le genevois Robert Cramer ne se représentera pas en 2019. Image: VQH

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Un œil qui pleure, l’autre qui rit. C’est dans un contexte particulier que les Verts tiennent leur assemblée ce samedi à Bellinzone (TI). Tous les sondages donnent le parti gagnant lors des prochaines élections fédérales en octobre 2019, mais ce scrutin pourrait aussi les voir disparaître du Conseil des États: leur seul élu, Robert Cramer (GE), ne se représente pas.

«C’est un thème qui nous préoccupe, reconnaît Regula Rytz (BE), présidente des Verts. Sans conseiller fédéral, il est très important pour les Verts d’être présents dans les deux Chambres du parlement. Pour avoir de l’influence sur les dossiers, mais aussi accès aux informations. Les Vert’libéraux qui ont perdu leurs deux sénateurs en 2015 s’en sont rendu compte.» Du coup, le parti va s’investir dans les cantons où il reste une chance de faire un siège: Bâle-Campagne, Genève, voire Berne (lire les encadrés).

Alors qu’il avait encore deux sièges lors de la dernière législature, comment le parti en est-il arrivé là? «Le Conseil des États a toujours été plus difficile d’accès pour les petits partis, explique Adèle Thorens (VD). Ce n’est pas une question de relève politique mais d’opportunité. Pour que les Verts décrochent un siège, il faut une configuration particulière. Une personnalité rassembleuse, une union forte de la gauche, et une désunion ou une perte de vitesse de la droite.» Ainsi en 2015, c’est notamment parce que l’UDC a soutenu Olivier Français (PLR) que Luc Recordon (Verts) a trébuché. Adèle Thorens, qui est sur les rangs avec l’autre conseiller national vaudois Daniel Brélaz pour tenter un retour au Conseil des États, reconnaît toutefois qu’il est toujours plus difficile de déloger un élu en place.

Vice-présidente du parti, et elle-même candidate, Lisa Mazzone (GE) n’arrive pas à imaginer un Conseil des États sans Vert. «Ce serait une perte de sensibilité écologique au moment où l’urgence climatique préoccupe grandement la population.»


Le Parti écologiste place ses espoirs dans trois cantons

Maya Graf à Bâle-Campagne

Maya Graf débarque à Berne en 2001. Deux ans plus tard, sa notoriété explose grâce au succès populaire du «Génie helvétique». Elle était en effet l’une des protagonistes de ce documentaire de Jean-Stéphane Bron qui montre les coulisses du débat sur les organismes génétiquement modifiés au parlement. En 2012, elle entre dans l’histoire en devenant la première Verte à présider le Conseil national. Sous la Coupole depuis 17 ans – et réélue à trois reprises – elle brigue à 56 ans le Conseil des États à la place du socialiste Claude Janiak, qui ne se représente plus. Avec son profil atypique – elle est agricultrice – elle peut glaner des voix hors de son parti. Coprésidente d’Alliance F, faîtière des associations féminines, elle peut aussi miser sur le soutien des femmes. Reste que décrocher l’unique siège de sénateur dévolu au demi-canton de Bâle-Campagne est une gageure. Surtout si la gauche part désunie avec une candidature socialiste.

Lisa Mazzone à Genève

C’est sur les épaules de Lisa Mazzone que repose la responsabilité de sauver le fauteuil de sénateur que les Verts genevois occupent depuis 2007 à Berne avec Robert Cramer. Plus jeune élue sous la Coupole en 2015, Lisa Mazzone s’est très rapidement fait connaître. À 30 ans, elle a désormais acquis une très grande visibilité dans les médias. Il faut dire que la Genevoise a gravi les échelons. Elle est désormais vice-présidente du parti national, et numéro deux de l’ATE (Association transports et environnement). Va-t-elle réussir le grand saut de la Chambre basse à la Chambre haute? La course au Conseil des États sera plus disputée que jamais à Genève. Les deux sortants se retirent et la droite rêve d’y faire son grand retour après 12 ans d’hégémonie de la gauche. Le profil centriste du PLR Hugues Hiltpold pourrait ainsi lui permettre décrocher un des deux sièges. Autre difficulté pour Lisa Mazzone: un poids lourd du PS est sur les rangs: Carlo Sommaruga.

Bernhard Pulver à Berne

Dans son canton, Bernhard Pulver dispose d’une popularité sans faille. Élu au gouvernement bernois en 2006, il est une locomotive électorale pour son parti. À tel point que les Verts en parlent parfois comme d’un possible conseiller fédéral. Respecté tant à gauche qu’a droite, l’ancien ministre de l’Éducation a plusieurs atouts pour siéger à la Chambre haute sous la bannière verte. Reste plusieurs difficultés. La première est de savoir si Bernhard Pulver sera candidat. Des discussions auront lieu avec lui en décembre. À 53 ans, ce dernier a en effet demandé à rester en retrait de la politique quelques mois après son départ du gouvernement en juin dernier. L’autre inconnue est de savoir si le PS est prêt à laisser la place à un écologiste. L’actuel sénateur, Hans Stöckli – le charismatique ex-maire de Bienne – n’a pas encore décidé ce qu’il allait faire. Il se prononcera en janvier. Mais avec huit ans au Conseil des États, rien ne l’empêcherait de briguer un mandat de plus.

Créé: 26.10.2018, 20h57

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